Un disque de qualité, mais répétitif...
Les quatorze pistes qui forment cet album s'écoutent dans une unité parfaite. Mais tout se mêle et se ressemble tellement que peu de titres tirent leur épingle du jeu. Dans un univers baroque, sombre et lumineux, Yoann Lemoine signe douze chansons et deux instrumentaux hors du temps, hallucinants de classe. Beaucoup de morceaux pris au cas par cas sont de petites merveilles, d'autres sont plus anecdotiques. Mais là n'est pas le problème, on ne s'attend pas à ce que chaque morceau soit un summum de perfection. En revanche, on s'attend à reconnaître les titres qu'on écoute, à pouvoir les comparer.
Or, là, c'est plutôt une musique de film (un peu tristounette par moments, il faut le dire) qui semble se dérouler à nos oreilles. L'ensemble est aussi homogène qu'une bande originale, les sonorités, les orchestrations sont souvent très cinématographiques, ce qui donne un rendu très soigné, très esthétique, très grandiloquent. Et ce n'est pas étonnant puisque Yoann Lemoine rêve de cinéma depuis l'enfance. Depuis qu'il gagne de l'argent convenablement avec son travail, il s'est d'ailleurs installé à New York pour reprendre ses études de cinéma et préparer son premier long-métrage.
Exceptés Iron, Run boy run et peut-être deux autres titres, on entend plus que l'on écoute la petite musique de Woodkid caresser agréablement nos oreilles sans que l'on soit finalement aussi transcendés qu'à la découverte de Iron.
Voilà donc un album d'un esthétique et d'une classe sans nom dont on attendait peut-être trop. Le phénomène Woodkid avait mis la barre trop haut avec l'hallucinant Iron, si bien qu'il est difficile dans The Golden Age d'apprécier vraiment la qualité toutefois indéniable des autres titres, noyés dans un flot de similitudes atténuant un peu plus encore leur réalisation quasi impeccable. À deux doigts de la perfection.