Belle atmosphère sombre, crépusculaire et occulte dans ce New York des années 1930. Pour un peu, on serait proche de Lovecraft: forces occultes, démons qui s'incarnent, objets maléfiques, irruption d'un chaman, représentant d'une religion antique et barbare, dans la Babylone des Temps Modernes; musées hauts de plafond, morgues, statues énigmatiques, intellos confits dans la consultation d'énormes vieux bouquins, formes déchiquetées de squelettes et de bâtiments délabrés...
Les gris-bruns décolorés des scènes intimistes et oppressantes contrastent avec les rouges incandescents, les blancs lumineux et les formes torturées des passages "mystiques", qui mettent en cause des exigences religieuses de la part d'un groupe d'Aztèques: l'irruption d'une déesse terrifiante, Itzlapalotl, dans le monde commun, nécessite une série de sacrifices sanglants de la part d'un chaman, envoyé spécial pour rétablir l'ordre cosmique...
Il existe vraiment, dans le panthéon aztèque, une déesse dont le nom veut dire "Papillon Obsidienne", sauf que son nom est Itzpapalotl, et pas Itzlapalotl. Elle est assez sinistre pour servir d'argument à un bon scénario.
Prenons notre temps pour savourer le sens de chaque image; en dépit de changements de scènes parfois difficiles à saisir, l'intrigue est assez simple: l'irruption d'une divinité maléfique dans le monde réel, et la course entre plusieurs concurrents, tous plus inquiétants les uns que les autres, pour mettre la main sur le couteau d"obsidienne...