Le comique naît souvent de la mise en présence de deux personnalités à la fois complémentaires et opposées, qui se heurtent ou qui s'adorent. Zidrou réussit la mise en scène du couple Ducobu / Léonie Gratin. Ducobu, gros garçon primaire et fainéant, mais gentil et capable d'étonnantes envolées oratoires exprimées dans un français impeccable, s'ingénie à vivre aux crochets (scolaires) de la science de sa voisine de pupitre, Léonie Gratin, droite dans ses bottes pour incarner l'excellence chronique.
Monsieur Latouche, l'instituteur, se sent condamné à toujours punir Ducobu pour son ignorance indécrottable, et Ducobu finit au coin de la classe, avec un bonnet d'âne, dans un gag sur deux. Il se fait un bon copain du squelette de sciences naturelles, Néness.
L'intérêt de la série est de voir que ce cancre irrécupérable déploie une ingéniosité sidérante pour tricher à l'école: appareillages de haute technicité pour copier sur Léonie, corruption, dissimulation de "copions" sur les supports les moins attendus... On saisit au passage l'idée de mettre sur pied un commerce destinés à vendre des gadgets pour cancres (intéressant pour l'ANPE).
Le cauchemar de Ducobu est la table de multiplication, et un des gags récurrents de la série est la dictée sadique de Monsieur Latouche, énumérant des noms savants de champignons.
Ducobu a un grand coeur: il lui arrive souvent de contrer Monsieur Latouche au nom de beaux sentiments pacifistes, fraternels. Les élèves du primaire ne s'y sont pas trompés, qui ont reconnu en Ducobu un frère de misère, et qui lui ont fait un triomphe.