ENFIN !

Enfin un album d'Astérix qui ne sent pas le micro-onde ! Depuis "L'odyssée d'Astérix" que j'attendais ça. C'est le quatorzième, et ça tombe bien, c'est un chiffre doublement porte-bonheur puisque c'est deux fois plus que 7.

Non pas que du point de vue du dessin, on n'ait pas eu satisfaction, non : Conrad s'en tire très bien et conserve le meilleur graphisme dont Uderzo fut capable, celui qui a imprimé pour toujours l'image des aventures d'Astérix dans la tête des lecteurs. La colorisation est également très bonne.

Ce qui change, c'est bien la qualité du scénario, et surtout des dialogues. J'avais peur que Fabcaro se fasse soumettre par la machine à broyer l'imagination et l'audace qu'est souvent l'exploitation commerciale d'un succès d'édition. Mais il s'en sort comme un Cyrano dans son escrime, et c'est du grand art hilarant, que les treize albums précédents avaient tristement dissocié de la série.

La thèse du scénario peut surprendre, tant elle procède parfois de l'incongru en ces temps de promotion de la violence, et du retour à la force pour régler les problèmes de société. En effet, on y voit les héros principaux (Astérix, Obélix, Abraracourcix, mais aussi, de façon inquiétante, le sage Panoramix) fustiger "la bienveillance" et appeler au retour du règlement des différends par les baffes. Je ne sais pas ce qu'en penseront les victimes des violences policières de l'ère Macron, mais personnellement ça m'interroge sur l'état d'esprit de Fabcaro. J'ai peur de comprendre qu'il n'aurait aucune chance de traiter comme il se doit le désastre social des années 2020-2022 "Covid" en France et ses conséquences, admission de la violence policière comprise. L'ordre romain militariste doit-il finalement avoir raison de la raison ?

Néanmoins, avec la grâce d'un félin, Fabcaro sait esquiver les froncements de sourcils les plus fournis et retomber sur ses pattes sans souci de l'atterrissage.

Que les fans du meilleur de l'œuvre de Goscinny se rassurent, donc, Astérix est de retour ! Et à titre personnel, j'espère que Fabcaro signera le prochain album

Edonor
9
Écrit par

Créée

le 1 nov. 2023

Critique lue 107 fois

Edonor

Écrit par

Critique lue 107 fois

6
6

D'autres avis sur L'Iris blanc - Astérix, tome 40

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

9

Seemleo

1092 critiques

Un grand cru avec le nouveau scénariste !

Fabcaro, Fabrice Caro à la ville, est un auteur complet de BD. Il s'est essayé à plusieurs styles et l'absurde de "Zaï, Zaï, Zaï, Zaï" l'a propulsé de la confidentialité aux portes de grandes maisons...

le 31 oct. 2023

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

6

BlackBoomerang

425 critiques

Fabcaro le sauveur? Ben non

Beaucoup espéraient de L'Iris blanc quand il s'est fait savoir que Ferri avait quitté le navire pour être remplacé par Fabcaro; auteurs de nombreux livres cultes aussi bien hilarants...

le 27 oct. 2023

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

6

AMCHI

6372 critiques

Astérix continue jusqu'à l'infinix

Les albums se vendent sans problème comme des petits pains suite à la reprise de la série par un nouveau duo mais cette fois-ci Ferry cède la place à Fabcaro et Conrad assure toujours avec talent le...

le 27 oct. 2023

Du même critique

Ce que veulent les Français

Ce que veulent les Français

1

Edonor

209 critiques

...qu'on arrête de se payer leur tête en se gavant sur les fonds publics sans rien faire Mr Bardella

Jordan Bardella a sans doute été voir "la France qui travaille" pour essayer de comprendre comment on fait... pour travailler. En effet, il est désormais célèbre pour son absentéisme en tant qu'élu...

le 11 janv. 2026

Hold-Up

Hold-Up

8

Edonor

209 critiques

L'agité idéaliste contre les beaufs amnésiques et soumis

J'écris cette critique en janvier 2024, mais j'ai fait partie de la première vague de gens à avoir vu ce documentaire dans le "secret" de leur ordinateur. Plus de trois ans, c'est long, mais c'est...

le 14 janv. 2024

Le Nom de la rose

Le Nom de la rose

9

Edonor

209 critiques

In memoriam

C'est de mémoire que je fais cette critique car il y a bien longtemps que je l'ai revu. Et puis je n'ai jamais lu le livre source d'Umberto Eco et sans doute cette dimension peut elle manquer à une...

le 26 déc. 2023