« La fille dans l’écran » renouvelle le récit d’éveil sentimental pas la forme. Écrit et dessiné à quatre mains, l’album se divise en deux parties distinctes. Les pages de droites, en noir et blanc, étant le fruit du travail de Manon Desveaux, celles de gauches, en couleur, celui de Lou Lubie. D’abord figée chacune dans leur coin, les planches se mettent à communiquer au fur et à mesure que la relation des deux héroïnes évolue. De manière subtile et délicate, les couleurs et les formes finissent par se mélanger d’une page à l’autre, les cases deviennent poreuses, les mouvements abolissent la frontière de la reliure... Ce travail graphique est aussi une manière de montrer que par des moyens de communications modernes, souvent froids et impersonnels, peut naître l’émotion. Ce travail en duo quasi simultané est une première dans la BD, le résultat captive, émeut autant qu’il étonne, pour un coup d’essai c’est un coup de maître.