Kao Bang
Le septième tome de Largo Winch se passe en Birmanie, sur le chemin pour la Forteresse de Makiling. Cette terrible prison va retenir le pauvre Simon, dans un complot birman visant à amener Largo...
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le 28 avr. 2017
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BD franco-belge de Jean Van Hamme et Philippe Francq (1996)
Voilà !
C’est exactement ça !
Cette « Forteresse de Makiling » – au regard de ce qui avait été posé auparavant – c’est tout ce qu’on était en droit d’attendre de cette saga « Largo Winch ».
L’air de rien ça faisait quelques albums que Van Hamme posait ses thématiques : le passé douteux de Largo, son caractère tempétueux et inflexible, ses déboires de plus en plus tendus avec son groupe, avec le gouvernement américain ou bien encore avec les autres Etats et cartels de la planète…
Et là tout se resserre. Tout se regroupe. Tout se conjugue…
…C’est bien simple : tout ce que j’espérais de « Largo Winch » se trouve dans cet album.
Car la force d’une BD de Van Hamme s’est toujours résumée à cela selon moi : à cette capacité qu’elle a de poser un héros face au monde entier alors que celui-ci ne cherche qu’à sauver un proche ou se sauver lui-même.
Or c’est exactement comme cela que s’amorce cette « Forteresse de Makiling ».
Simon est menacé de mort. Une date et un lieu sont posés comme un défi posé à Largo ; un défi qu’il va devoir relever en fonction de ses forces et ses faiblesses.
Et c’est là que tout le travail préparatoire des albums précédents joue grandement son rôle. Plus que jamais la fortune dont dispose le jeune-homme nous apparait comme un frein plutôt que comme un pouvoir.
Tous les projecteurs sont braqués sur Largo. Les Etats l’observent. Personne ne veut qu’il s’expose où qu’il se mêle d’affaires qui ne pourraient que devenir sensibles si jamais il se mettait à mettre son nez là-dedans…
A chaque fois que l’argent semble être en mesure d’apporter une solution à Largo c’est au final l’inverse qui se produit.
Cet argent c’est un véritable fardeau.
…Et ça va être à Largo d’apprendre à s’en émanciper s’il veut retrouver son ami à temps…
Et si cette « Forteresse de Makiling » fonctionne très bien c’est que l’air de rien, plus Largo avance dans sa quête et plus la situation gagne en complexité.
Van Hamme n’hésite pas à nous parler des équilibres précaires au sein du Triangle d’Or asiatique et des enjeux de la Real Politik aux temps de la chute du bloc de l’Est.
Ça parle de tensions ethniques, d’oppositions politiques, de trafics…
Petit à petit Largo se retrouve en équilibre sur plusieurs plaques de plus en plus mouvantes et on sent clairement que le personnage va devoir faire un choix.
Car au-delà des plaques on sent aussi qu’il y a aussi des lignes rouges que Largo semble prêt à franchir ; des lignes d’ailleurs habilement signifiées par des frontières.
Frontières entre le légal et l’illégal. Entre le passé et l’avenir. Entre le capitalisme et le communisme…
Et tel un symbole, Van Hamme a su poser cette forteresse comme un point d’aboutissement.
…Un point d’orgue.
Alors après c’est sûr, à bien tout prendre, cette « Forteresse de Makiling » ne fait qu’amorcer sans prendre la peine de lancer pleinement le feu d’artifice annoncé et ç’en serait sûrement là toute sa limite.
Mais la saga « Largo Winch » est ainsi faite. Chaque épisode est à regarder comme un diptyque. « La forteresse de Makiling » doit amorcer pour laisser au tome suivant – « l’heure du tigre » – de procéder au « pay off ».
Eh bien en tout cas, son boulot, c’est peu dire si cette « Forteresse » le fait bien.
Et la démarche est d’autant plus efficace que, dans l’histoire comme dans le visuel, l’album parvient à instaurer simultanément une tension, des personnages et un univers.
Ah ça ! Il a beau ne pas atteindre le niveau d’un tandem Van Hamme-Rosinski, il faut tout de même bien avouer que le duo que le scénariste bruxellois forme avec Francq n’est pas à jeter non plus.
En tout cas, sur ce coup-là, toutes les étoiles sont vraiment alignées pour que la saga soit en mesure de cracher tout ce qu’elle a dès le prochain tome.
On sent qu’une rampe a été installée pour envoyer du lourd…
Alors autant vous dire que je suis prêt.
…Et j'attends que retentisse « l'heure du tigre » avec impatience.
Créée
le 1 avr. 2021
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