Après les séries B de Tome & Janry, les blockbusters de Munuera et Morvan
Je n'avais encore jamais relu cette BD. Je n'avais pas accroché au style de ce nouveau duo c'est donc avec beaucoup d'à priori que je m'y suis attaqué une nouvelle fois. L'influence manga en vogue en 2004 ne m'avait pas échappé déjà à l'époque. Mais c'est surtout le côté cool branché qui m'avait écoeuré. Aujourd'hui je pousse plus loin mes observations.
Graphiquement il y a quelques problèmes. Si le design des personnages est sympa et leur expressivité sonne juste, les décors perdent souvent de leur charme à cause d'angle de vue à la 'fisheye' (du très grand angle, appelé oeil de poisson car les déformations physiques sont celles que le poisson subit chaque jour à cause de sa vue si particulière) souvent utilisés dans les mangas. Le pire reste le découpage assez mal rythmé : beaucoup de plans inutiles et parfois une action très difficilement lisible.
Scénaristiquement, le soucis numéro 1, ce sont les références trop nombreuses. Munuera et Morvan ont relu tous les albums de Spirou et le font bien sentir ; à presque chaque planche un petit clin d'oeil à un tome passé se glisse avec autant de discrétion qu'un étron de chameau au milieu de son oreiller. Trop de références finissent pas engloutir le récit. Ensuite, ce sont les décisions des héros qui sont plus que discutables. Celles de de Champignac surtout qui retournera sa veste de façon improbable (la maladie excuse tout?) ; les messages sont assez étranges (on en retient que quand on a un problème, il faut se battre avec les poings, jamais un Spirou n'aura été aussi violent et pour la violence qui plus est !) même si c'est moins important au niveau narratif ; Fantasio n'est à nouveau plus que le bouffon de service même s'il apporte une aide musclée à Spirou ; et Spip est agaçant...
Bref, je pensais que Nic et Cauvin avaient mis la barre au plus bas, mais ce nouveau duo s'en rapproche fort dangereusement.