pour les amours défunts, la mémoire est une torture sans fin
" non, je ne veux plus.
je ne veux plus mourir. je suis trop épuisé pour cela.
La guerre a grignoté l'homme que j'étais.
Un animal n'est jamais courageux, un animal comprend d'instinct qu'il n'est pas le plus fort, et cherche alors toujours le meilleur moyen de s'en sortir.
Moi, je ne suis plus qu'une chair en révolte, meurtrie, geignarde, et qui en a assez.
Sans éducation. Sans foi. Sans courage.
Je suis pire qu'un animal.
Je suis un homme qui a été"
C’est sur cette révolte que le lieutenant Vialatte revient à la vie.
Perdue, happé, hypnotisé par la guerre, il lui aura fallu 4 tomes pour se retrouver enfin et trouver la force de s'extirper de ce mouroir infâme en détruisant son essence perclus de patriotisme et de moralité républicaine.
Notre mère la guerre est un formidable cycle qui mêle enquête policière, histoire tragique, passion guerrière, folie meurtrière, destin individuel, épopée sociale, leçon d'histoire, drame humain et amour des femmes.
C'est tout à tour beau et terrible, funeste et plein d'espoir.
La prose y est de qualité, l'écriture intelligente et passionnante, le dessin sublime et la mise en scène ensorcelante.
une très grand BD qui dépeint la première guerre mondiale avec humanité et horreur.
Un grand récit âpre et fascinant, l'obscurité qui déchire la vie, un long hiver avant le printemps.