Terre Promise, premier tome de Centaurus, c’est un peu comme embarquer pour une croisière galactique en classe économique. On s’attend à de l’aventure, de l’exotisme et une bonne dose de mystère, mais on se retrouve parfois à scruter l’hublot en se demandant quand les choses vont vraiment décoller.
Leo et Rodolphe, connus pour leurs récits SF regorgeant de faune bizarre et de colonies spatiales improbables, nous plongent ici dans une expédition interstellaire où l’humanité cherche une nouvelle maison. Un vaisseau colossal, des tensions sociales à bord, et une planète mystérieuse en ligne de mire : tous les ingrédients d’un bon space opera sont là. Mais voilà, ce tome d’introduction passe tellement de temps à installer son décor qu’on a l’impression d’assister au briefing pré-vol… sans jamais quitter le sol.
Graphiquement, Zoran Janjetov fait le job. Les panoramas spatiaux sont impressionnants, les intérieurs du vaisseau dégagent une atmosphère claustrophobe efficace, et les personnages, bien que parfois figés, expriment ce qu’il faut pour capter notre attention. Cela dit, les designs manquent un peu d’originalité. On a vu des planètes plus fascinantes et des technologies plus audacieuses dans d’autres récits SF récents.
Le scénario, quant à lui, avance à pas de tortue. Oui, les tensions sociales à bord et les enjeux de survie sont intéressants, mais on aurait aimé un peu plus d’action ou de révélations pour équilibrer tout ce blabla. Les dialogues, bien qu’informatifs, manquent parfois de mordant. On sent que les auteurs veulent nous embarquer dans une grande saga, mais ce premier tome reste sur la retenue.
Côté personnages, ça manque de piquant. Les membres de l’équipage et les colons sont assez archétypaux : le leader charismatique, les dissidents rebelles, et les scientifiques un peu trop sérieux. Tout ce beau monde est là pour poser les bases, mais on espère que les prochains tomes leur donneront un peu plus de profondeur.
Cela dit, tout n’est pas à jeter. Terre Promise parvient à instaurer une atmosphère intrigante, et le potentiel pour une aventure cosmique épique est bien là. On sent que les auteurs jouent la carte de la patience, misant sur une montée en puissance progressive. Mais pour ce premier tome, on reste un peu sur notre faim.
En résumé : Terre Promise est un prologue qui pose de solides bases pour une saga SF, mais qui manque de rythme et de surprises pour captiver pleinement. Un premier tome qui promet des merveilles… mais faudra attendre pour les découvrir. Une escale intéressante, mais pas encore la destination rêvée.