Pour les amateurs de BD, Tango est certainement un titre qui n'invente rien. Une trentaine d'années après XIII ou Largo Winch, les codes ont été redéfinis depuis belle lurette. Pour un acharné de la ligne claire comme moi où la nuance des personnages est rarement de la fête, c'est une autre façon de faire de la BD. Ce qui marque d'abord dans ce premier épisode, c'est l'intensité de la couleur et la richesse des paysages même lorsque ces derniers sont épurés. Les planches sont aérées, le dessin à la noce et les grands espaces dévorent la feuille. Ce sont ces éléments qui m'ont conduit à me lancer dans cette lecture. Le résultat est sympathique. Très marquée par un format cinéma, notamment dans son découpage, l'aventure est au rendez-vous. On pense à de nombreux petits films américains, à quelques séries B nerveuses où le cadre est un beau prétexte à une histoire pas forcément bien recherchée.


Evidemment, l'histoire ne pèse pas très lourd. Les différents personnages partagent un passé nébuleux qui les conduit à des déboires qui laissent quelques cadavres sur le bord de la route. On ne peut pas dire que l'intrigue soit palpitante et brille par son originalité. Cependant cela s'avale d'un trait. Il faut noter qu'en dépit d'une belle petite pagination (une soixantaine), le titre se lit vite. Les dialogues se concentrent sur l'essentiel et le titre mise davantage sur son esthétique. Les personnages ne manquent cependant pas d'intérêt, loin de là. Leur part d'ombre suscite suffisamment de curiosité pour donner au lecteur l'envie d'en savoir davantage même si les clichés sont nombreux. Tango apparaît ainsi comme un bellâtre intrépide capable de dézinguer en deux temps, trois mouvements les méchants, tombeur de jolies femmes et portant le fardeau d'un passé malgré tout pas aussi riche qu'attendu.


Si le titre recule difficilement devant certains clichés, on peut lui reconnaître son efficacité. Les paysages font le voyage, l'action est au rendez-vous et les péripéties, si elles manquent de rebondissements vraiment forts, rendent le résultat vraiment divertissant. De ce premier tome sympathique, on relèvera cependant un point faible redondant, à savoir la parfaite caractérisation physique des personnages dont les traits restent globalement plutôt fuyants. Outre le défaut d'être caricaturaux, les visages ne sont pas suffisamment aboutis, donnant parfois l'impression d'un travail bâclé. Au regard de la qualité de l'ensemble des dessins, c'est franchement dommage.

Play-It-Again-Seb
7

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le 30 avr. 2022

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PIAS

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