le 5 janv. 2011
Les débuts d'une passion
Mon premier contact avec l'Oeuvre de Moore... Sans verser dans le fanatisme décérébré, force est de constater que peu d'auteurs, toute littérature confondue, m'auront autant retourné que ce fils de...
Londres, fin des années 90. La Troisième guerre Mondiale a ravagé l’humanité, l’Europe a disparue, tout comme l’Afrique. L’Angleterre, un des pays rescapés, survit tant bien que mal sous un régime totalitaire et génocidaire, dont le fonctionnement implacable ne laisse aucune liberté. Et le peuple, accablé par la guerre et soulagé qu’elle soit terminée, prend ce système comme une nécessité, la seule solution viable à sa survie.
Mais il y a un homme. V. Sorte de synthèse entre le Joker et Batman, il commence tout d’abord par éliminer ceux qui l’ont torturé à lui en faire perdre l’esprit. Ceux qui, sans le vouloir, l’ont libéré de la pensée commune. Mais il ne va pas s’arrêter là. Anarchiste, il considère la vie comme une pièce de théâtre ou une partition de musique. Tout est déjà écrit, il ne reste plus qu’à jouer convenablement son rôle. Il place l’art au-dessus de tout, et enrage de sa disparition depuis la guerre. Il rappelle solennellement au lecteur : « L’anarchie, ce n’est pas le chaos. C’est l’ordre naturel, celui qui n’est dicté ni par un gouvernement, ni par un dirigeant, mais pas chacun d’entre nous. Le chaos, ce n’est que l’étape intermédiaire pour atteindre l’anarchie ». Idéaliste, il ne va reculer devant rien pour réveiller la conscience collective, et l’amener au soulèvement. L’impact s’en fait d’ailleurs ressentir sur ses ennemis épargnés, qui sombrent pour la plupart tous progressivement dans la folie, comme s’ils ne voulaient pas prendre conscience de l’abomination de leurs actes.
Regroupant tous les thèmes d’un récit dystopique, « V pour Vendetta » en est son porte-étendard dans le domaine de la bande dessinée. Il n’aurait d’ailleurs pas autant d’impact sans la mise en scène magistrale d’Alan Moore, qui déploie devant son lecteur un découpage riche, symbolique et particulièrement cinématographique. Ce n’est pas étonnant que ses œuvres soient autant adaptés au cinéma. Le scénariste n’a aussi aucun égal pour dénicher les dessinateurs talentueux, et parfaitement adaptés à son récit. David Lloyd nous régale donc de magnifiques planches aux ombres très marqués, aux contours subtils, et aux décors sublimes. Le tout gagnerait toutefois à être recolorisé ou présenté en noir et blanc, si cela n’a pas déjà été fait dans une édition plus récente que la mienne. Si la narration est exemplaire, elle s’avère de plus en plus exigeante : pour représenter le chaos, Alan Moore éclate sa narration et multiplie les personnages, au risque de perdre le lecteur.
Avec « V pour Vendetta », Alan Moore signe certainement son œuvre la plus ambitieuse, porteuse d’une idéologie profonde et complexe, fascinante et utopique. En s’affranchissant entièrement du récit de super-héros, il donne une maturité supplémentaire à son récit, qui demeure parfois un peu trop dans l’implicite pour être apprécié à sa juste valeur. Son impact reste en tout cas sans précédent, et son influence se fait largement ressentir, à commencer avec des films comme « Matrix ».
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes 30 chefs-d’œuvres absolus de la BD et Journal d'un bédéphile : année 2015
Créée
le 4 mai 2015
Critique lue 605 fois
le 5 janv. 2011
Mon premier contact avec l'Oeuvre de Moore... Sans verser dans le fanatisme décérébré, force est de constater que peu d'auteurs, toute littérature confondue, m'auront autant retourné que ce fils de...
le 6 janv. 2013
[Attention spoilers] Oui je sais, c'est un peu une hérésie de mettre 5 à ce comics mythique, mais la déception est telle que je ne peux lui mettre plus. Tout d'abord, je n'ai jamais réussi à me...
10
le 20 nov. 2016
Le sang, les larmes, le malheur, la folie, la mort, ont toujours été là, proches de nous, nous encerclant, nous dévorant corps et âme. Mais il y avait aussi la beauté, les rires, l'amour, la liberté,...
le 22 avr. 2016
1970. Un an après Abbey Road, George Harrison sort ni plus ni moins qu’un triple album de presque deux heures. Un ouragan d’inventivité et de registres musicaux, en grande partie l’aboutissement...
le 5 août 2015
Il faut le dire, ce jour-là, je n'étais pas au meilleur de ma forme. Allez savoir pourquoi. Mais dès les premières secondes du film, j'en ai vu un qui portait toute la fatigue et l'accablement du...
le 28 août 2017
Difficile de dissocier "Les Proies" de Sofia Coppola du film éponyme dont il est le remake, réalisé par Don Siegel en 1971. Au-delà de constater la supériorité de l'original, ce qui est assez...
NOUVELLE APP MOBILE.
NOUVELLE EXPÉRIENCE.
Téléchargez l’app SensCritique, explorez, vibrez et partagez vos avis sur vos œuvres préférées.

À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2025 SensCritique