Ce qui reste
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Je conçois que certains puissent aimer ce film - jusqu'à le mettre dans leur Top 2017 ?-, on peut y trouver un bon nombre de qualités :
des plans léchés, parfaitement cadrés et mis en lumière ;
une image faussement vieillotte en 4/3 à bord arrondis comme les polaroïdes (sauf pour la scène de l'hôpital, allez savoir pourquoi les arrondis ont disparus), image "so tendance" de nos jours, qui fait de A Ghost Story l'archétype du "film à festival" ;
une réalisation qui prend le contrepied complet des standards de films d'horreur, alors que le titre du film pris hors-contexte pouvait laisser présager un nouveau Conjuring ou un Insidious...
Mais pour autant, j'ai vraiment eu du mal à accrocher à ce film.
La faute sans doute à un scénario insipide, qui tourne en rond pour finir par une pirouette. Le film se perd dans sa deuxième partie en s'éloignant de son sujet : de l'histoire d'amour et de deuil entre les deux protagonistes,
on saute dans un futur où le fantôme vient hanter de nouvelles familles et de nouveaux hôtes (avec au passage une tirade bien trop sentie [qui tombe comme un cheveu sur la soupe] sur Beethoven et la fin du monde), puis sans crier gare et sans explications dans le passé, d'une Amérique en pleine conquête de l'Ouest. Pour finir par un retour case départ, dans le présent, avec l'arrivée de nos deux jeunes amoureux et un fantôme dédoublé...
J'appelle ça une pirouette.
La faute également à ces plans fixes, allongés à l'extrême, et qui deviennent difficilement soutenable. C'est fait pour me dira-t-on ; il n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'un "truc" de montage assez lourdeau. La "scène du gâteau" (plan fixe de 5 bonnes minutes sur la jeune endeuillée mangeant à pleine main le gâteau au chocolat de sa maman) restera dans les mémoires comme une championne toute catégorie en la matière.
Une esthétique enfin, qui confère au film une atmosphère pesante : une quasi-totalité de plans sans travelling et une absence de musique qui renforce cette ambiance écrasante.
Pour résumer : A Ghost Story est un film auteurisant qui n'échappe pas au piège de l'auto-complaisance (on sent que le réalisateur se regarde le nombril et cela frise la branlette intellectuelle) et se perd en deuxième partie dans les méandres d'un scénario mal abouti.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films avec Rooney Mara, Les meilleurs films fantastiques et Les pires films des années 2010
Créée
le 6 janv. 2018
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3 commentaires
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