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Buddy double
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le 25 févr. 2025
Sur un tel sujet, il faut beaucoup d'agilité et une extrême vigilance pour embarquer les spectateurs dans le devoir de mémoire. On ne doute pas que Jesse Eisenberg ait eu les meilleurs intentions du monde pour nous sensibiliser à l'horreur de L'Holocauste, et certains effets s'en font un bel écho dans ce voyage polonais.
Malheureusement, à trop vouloir nous prendre par la main pour nous rassurer, il en résulte un film typique d'une certaine tendance du cinéma américain indépendant. À commencer par des personnalités aux antagonismes trop appuyés, puisque le but premier est de pouvoir s'identifier émotionnellement. Nous aurons droit aux sempiternelles crises identaires avec réconciliation à la clé, à des conflits de classes sociales plus ou moins closes dans l'affection, des personnalités tellement dissemblables qu'elles finissent par se compléter, parmi les clichés les plus usuels.
On ne peut nier que certains d'entre eux font parfois mouche avec justesse, ni que cela crée une certaine compassion à leur égard. Eisenberg et son comparse sont suffisamment complices pour qu'on puisse y croire. Ce n'est cependant pas assez probant pour émouvoir complètement. Dans la même veine, jouer sur le comique de situation pour équilibrer l'antagonisme tragédie concentrationnaire/à situation désespéré rien ne vaut l'humour comme arme de diversion peut fonctionner. À condition de ne pas en faire un argument pour masquer les béances scénaristiques. Les blagues de mauvais goût concernant les juifs et le train, les selfies devant les statues des soldats tombés pour la patrie ou encore les occurrences récurrentes sur le physique finissent par lasser.
Il faudrait également enjoindre les cinéastes à faire place nette au silence lorsque les situations l'enquierent. La musique comme vecteur de sentiments/d'émotions amplifiées, fut elle de Chopin l'essence de l'âme polonaise, est de plus en plus une option usée pour maintenir notre attention de bout en bout. Comme si le mutisme des plans n'était pas assez signifiant, trop lesté d'un vide silencieux effrayant pour les tiktokeurs que nous sommes devenus. Terence Malick et d'autres sont la preuve la plus évidente du contraire, qui racontent bien plus avec le hors champ indicible qu'avec nombre de mouvements de caméra.
Quand le film s'y essaie avec parcimonie dans des lieux bien trop emblématiques de la Shoah, cela donne les instants les plus terrifiants qui soient. Ces cadres ordonnent avec pudeur que le silence est la respiration des pèlerins hébraïques. D'un même mouvement, lorsque la sideration des protagonistes s'exprime implicitement par la modulation des visages, sans qu'il n'y ait besoin d'en verbaliser la teneur, c'est encore ce vide sonore qui exprime le mieux la douleur des souvenirs enfouis. Preuve que Eisenberg à conscience de sa nécessité. Il aurait du tenir cette "radicalite" sur la longueur.
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le 31 mars 2025
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