Je vous préviens d'avance, cette critique ne parle absolument pas du film. Je vais vous chier ça en deux lignes, comme ça c'est fait et on passe à autre chose. Le film est magnifique, autant par l'interprétation que par la mise en scène. Ces plans qui s'attardent sur les yeux, les mains, réceptacles à émotions, c'est superbe. Un drame bouleversant sur le lâcher prise. Bref, on peut décoller ? Non parce que bon il y a quand même plus important quand on regarde ce film.
Mads Mikkelsen, ce beau gosse danois a un énorme point en commun avec Kristen Stewart. Son visage est impassible. Il est froid, distant, presque austère quand on le regarde. Il est ce qu'on pourrait appeler une beauté froide comme peut l'être Kristen Stewart. Ses émotions ne filtrent pas, ou presque (on y reviendra) comme Kristen Stewart. Il SEMBLE ne rien se passer, et c'est leur point commun...
Mads Mikkelsen a une énorme différence par rapport à Kristen Stewart, qui est une actrice que j'aime beaucoup pour sa plastique et quelques rôles bien sentis. Cette différence, c'est qu'à chaque fois que le visage de Mads se crispe, à chaque fois qu'il hoche la tête, qu'il lève un sourcil, qu'un sourire très discret, presque dissimulé se cache sur son visage, sa performance d'acteur vaudra tous les rôles que Kristen Stewart pourra faire dans sa carrière. Là où Stewart pense offrir au spectateur une douleur emprisonnée dans des larmes qui coulent, Mikkelsen décuple cette émotion cent fois avec un seul regard. Quand Stewart est une prostituée qui génère entre ses cuisses toutes les peines de sa vie, en elle réunie, son âme sœur son égérie, Mikkelsen le faux pédophile nous tient avec un plan sur son visage, avec un dos qui se courbe, avec des pas lents et ralentis par le poids de sa misérable existence. Là où Stewart essaie, Mikkelsen y parvient. Là où Mikkelsen illumine la caméra de sa noirceur, Stewart s'embourbe dans la mélancolie poussive et redondante.
Car Mads Mikkelsen est un acteur aux rôles torturés qui ne connait jamais la même douleur. C'est la puissance d'une stature, d'un charisme, d'une force vitale et nécessaire qui sommeille en lui. Son rôle d'acteur n'est pas feint, il est vivant, il vit en lui comme une marée qui le submerge. Stewart est distante, comme lui, il faut aller la chercher. Mais la chercher pour quoi ? Est-ce qu'on doit toujours aller chercher ces Léa Seydoux et toutes ces pépés ? N'est-ce pas plutôt à des gens comme Mads Mikkelsen de nous prendre ? Elle est belle, la France de Dubosc, de Boon et de Merad. Elle est belle, l'Amérique de - bon là j'ai pas de noms et vous allez vous fâcher donc retenez simplement le grand émoi qui est le mien et mon coup de gueule comme le Ché à Cuba ou Bourdin qui s'énerve contre Canteloup parce que merde, quand même "c'est pas un homme" ce mec.
Mads Mikkelsen est dans son jacuzzi et Kristen Stewart est dans sa jalousie.
Mikkelsen est grand, beau, fort et intense, Stewart n'a d'intense que la ressemblance de son prénom avec la future mère de mes enfants, Kirsten Dunst.
Mads est bourré de talent, Stewart a besoin d'un Efferalgan.
Mads est au panthéon des acteurs, droit sur son trône, Stewart résistera à la pression comme Ned Stark dans Game of Thrones.
Mikkelsen est un génie, Stewart génie veux plus en entendre parler.
Tant de caprices, tant d'admiration pour des gens qui volent le talent des autres. Non, messieurs, dames, il ne suffit pas d'avoir une belle gueule pour que je tombe sous votre charme. J'en ai marre, marre de devoir alimenter la légende qui voudrait que je sois amoureux de toutes les actrices qui me tombent sous le nez. Non, il n'y a pas de place pour tout le monde et oui, Mads est cent fois plus méritant qu'une Kristen aujourd'hui plus célèbre que lui ! Une hérésie ! Je ne peux plus supporter mon corps qui me dicte ma conduite ! Aujourd'hui, publiquement, c'en est trop. Reconnaissons le talent pour ce qu'il est. Reconnaissons le mérite, reconnaissons l'indéniable et l'indubitable. Mathieu Amalric joue mieux que Paris Hilton dans la maison de cire et c'est comme ça. Il faut que ça rentre dans mon ciboulot putain. Il va falloir car je sens que je franchis un cap dans ma vie de cinéphile là. Ce film représente cette ouverture.
Stewart tu es, alors que Mads est pilote de ligne. Tu es un triangle isocèle alors que lui est équilatéral. Tu es un grain de sable quand il est une plage. Tu es une page quand il est un livre. Tu livres une pizza lorsque lui gère ton planning dans son bureau avec un joli téléphone nacré d'or. Tu es la défaite il est la victoire.
Il est cannibale et tu manges des crudités avec une sauce vinaigrette de chez Dia.
Mads Mikkelsen, je t'aime comme d'autres t'aiment, mais je t'aime avant tout parce que tu rends ce que tu touches d'or et de lumière. Je te ferai un domaine, Mads, où Kristen ne sera pas reine t'inquiète. Car quand elle se mord la lèvre inférieure pour signifier l'embarras, toi tu es là, simplement, tu te tiens comme un homme, un vrai, face caméra, et tu la fais vivre, cette caméra. Tu lui donnes un sens, un but, tu donnes un esprit au film, une âme, un truc qui touche au plus profond du - non Kristen, du coeur, je parle du coeur bordel. Tu es un idéal alors qu'elle fait une pub pour L'Oréal.
Tu es ma lumière. Elle est l'obscurité. Quand tu es une éclipse elle est le soleil cuisant.
Quand tu es là, elle n'y est plus.
Mads, mon amour.
Mads World.
https://www.youtube.com/watch?v=4N3N1MlvVc4