Away Projām a des allures de cinématique de jeu vidéo, génère auprès de son spectateur un sentiment de frustration lié au fait qu’il ne puisse jouer et qu’il doive, en contrepartie, se satisfaire d’un récit premier degré dans lequel les enjeux humains et écologistes demeurent à ce point épurés qu’ils en deviennent artificiels. Dès lors, la beauté de certains plans, les trouvailles en terme de composition d’images, la constitution d’un microcosme autonome disposant de ses propres lois internes s’estompent devant une technique tour à tour rudimentaire et insuffisante à la diffusion d’émotions. Gints Zilbalodis se donne comme un artiste total, sinon totalisant, peut-être totalitaire en ce qu’il ne redistribue jamais les pouvoirs créatifs mais les concentre entre ses mains : seul crédité à la réalisation, à l’écriture du scénario, à la photographie, au montage et à la musique, il ne conçoit pas une œuvre en dialogue avec des tiers mais renfermée sur elle-même. Le rythme lancinant et la posture contemplative suffisent à distinguer le long métrage du tout-venant de l’animation contemporaine. Un coup d’essai que sublimera, cinq ans plus tard, Straume.