La modestie de l'entreprise And Soon the Darkness amuse et rassure. D'emblée, la légèreté du projet flatte la rétine : deux jeunes femmes sur une bicyclette parcourent les routes de campagne non loin d'un petit village de France, sur une bande-son kitsch de Laurie Johnson. Une poignée de lieux seront filmés (un café restaurant, un coin de forêt, une ferme agricole et une baraque de gendarme), trois quatre personnages intriguant et pas un de plus, une disparition, des mini-shorts et un peu de mystère.
Baignant dans son jus, And Soon the Darkness n'a pas pour ambition de révolutionner le thriller rural. Il est platement filmé en dépit de quelques gros plans sur les -beaux yeux très transalpins, il ne pétille que très rarement et annonce la menace par un changement de musique. Les mécaniques sont didactiques et peu subtiles, certains dialogues sont affligeants. Jean Carmet vient cabotiner le temps d'une scène, cause boissons, touche ses dix-milles anciens francs pour agrandir sa cave et dégage aussitôt de l'intrigue. La gouaille de Claude Bertrand nous rappelle qu'on est bien en 1970, le brun ténébreux peut-être le tueur mais pourquoi pas aussi le paysan décérébré voire le gendarme.
L'intrigue avance à mesure que l'on découvre de nouveaux lieux et personnages, comme une sorte de jeu de plateau à l'ancienne, la structure du film est en cela très classique, les pistes peinent à se dessiner clairement mais l'ambiance mystérieuse so british fait le travail en dépit d'un manque criant de moyens. L'internationalité du casting n'arrange rien, c'est pas toujours vraisemblable, on hésite entre le nanar involontaire et le thriller pataud malgré lui. Ne vous fiez pas à son affiche, ce n'est ni du Bava ni du Wes Craven des débuts.