Animal, c'est un film vraiment problématique. Un film qu'on se passe entre potes depuis quelques semaines en se disant "eh regarde ce film poto, tu vas voir c'est trop rigolo c'est l'histoire d'un mascu toxique a 2000% qui va séduire une meuf en lui expliquant l'importance du mâle alpha et en montrant qu'il a plein d'argent avant de défoncer tous ses ennemis avec tout un tas de symboles phalliques. Genre à côté Zack Snyder c'est du Kathryn Bigelow !"
Et on s'est passé le film, et on a ri, en commentant chaque scène, en hallucinant à chaque fois un peu plus au fil qu'il avance et que tous les codes de la masculinité toxique s'affichent à l'écran.
Et comme Animal, c'est un peu comme si, disons, Alain Soral avait adopté un enfant avec Andrew Tate et l'avait élevé pour qu'il fasse du cinéma, bah c'est vachement rigolo.
Entre les daddy issues de l'espace (le héros est absolument OBSEDE par son père, qu'il aime plus que tout), les grosses mitraillettes que les mecs portent entre les jambes et le combat final plus homoérotique que les regards entre deux combattants lors d'une finale de MMA, ça donne vraiment envie d'en parler et d'en rigoler. Et puis à un moment on se demande si c'est pas un peu problématique quand même de parler de ce film, de le faire exister, de le recommander, voire d'encourager les producuteurs à en faire une suite. Surtout qu'ils devront aller encore plus loin (pour l'instant on ne frappe pas les femmes dans Animal, mais on est vraiment pas loin).
Alors mon conseil : Si vous avez vraiment envie de le voir, ne regardez pas ce film sur Netflix. Piratez-le. Téléchargez-le sur un bon gros torrent, faites en sorte que ses auteurs ne reçoivent pas un centime et que Netflix soit découragé à jamais de produire de telles bouses et que le propos nauséabond de ce film reste à tout jamais dans les tréfonds oubliés de l'histoire du cinéma indien, avec un tout petit "h".