Native de Montpellier, Emma Benestan enchaîne après une comédie sétoise (Fragile) avec un western camarguais qui penche fortement vers le fantastique. La taureau magie agit à plein dans ce deuxième long-métrage tourné avec des comédiens non-professionnels dans leur élément (des manadiers) au côté de l'excellente Oulaya Amamra, seule femme dans un univers on ne peut plus macho. Emma Benestan a déjà réalisé 2 documentaires en Camargue et elle aime manifestement ce monde si particulier des éleveurs de taureaux, bêtes aussi fascinantes et même mythologiques que susceptibles de susciter la terreur. L'évolution du film vers une certaine forme de bestialité est intéressante, dans le sens où elle est traitée sous l'angle d'une femme puissante, et sans connotations érotiques (rien à voir avec La Féline), ce qui classe le film en dehors du Règne animal, par exemple, et lui offre une force assez unique même si la transformation de l'héroïne posera sans doute question à certains, même de manière symbolique. Quoi qu'il en soit par son mélange de naturalisme et son intégration de certains codes du cinéma de genre, Animale séduit par sa progression radicale et l'esthétisme d'une mise en scène qui ne trahit pas son sujet original.