Il faut dire qu'on l'attendait quand même un peu...
Dans son film Conjuring, sorti l'année précédente, James Wan semblait insister sur cet élément très secondaire de l'intrigue : cette mystérieuse poupée à la bouille maléfique qui trônait dans le musée poussiéreux des époux Warren, et dont le réalisateur avait même commencé à esquisser un début de récit, histoire d'ajouter un peu de consistance à son film, certes efficace, mais somme toute linéaire.
Pas manqué, 1 an plus tard sortait la fameuse préquelle, ou plutôt l'annexe tant le rapport direct avec Conjuring est mince.
Sauf qu'Annabelle sent franchement la pièce rapportée visant à se faire un maximum de pognon en surfant sur le succès commercial de l'amorce de ce qui pourrait être une prochaine franchise rentable (une suite pour Conjuring et une suite pour Annabelle sont prévues).
Ne voulant pas trop prendre de risque pour sa carrière en pleine explosion (Saw, Insidious, Fast and Furious qui ont été des cartons au box office), Wan décide de confier les clés de cet hasardeux projet au premier gogo venu, un certain John R. Leonetti, et se cantonne, lui, à la production.
Annabelle démarre à 2 à l'heure, en nous présentant le portrait d'un couple d'américains modèle, puritain et propre sur lui, et dont on sait pertinemment qu'il va finir par passer un sale quart d'heure.
Viennent ensuite tous les poncifs du film de genre : phénomènes paranormaux, apparitions soudaines, questionnements sur la santé mentale de la protagoniste (pas plus creusé que ça d'ailleurs), intrigue mince basée sur les folklores satanistes plus en prime la bonne vieille morale religieuse qui était déjà légèrement parsemée dans Conjuring.
Bon ok, ça n'est pas original pour 3 sous mais d'autres, et notamment Wan lui-même avec Conjuring mais également avec le très sympa Dead Silence (2007), sont déjà passés par là et ont réussi à s'en tirer en proposant une forme plutôt solide au renfort d'un fond qui sentait le réchauffé.
Hélas, le réalisateur Leonetti n'est pas en réussite non plus sur cet exercice.
Annabelle ronronne pendant 90 minutes, nous gratifiant de 3 ou 4 pauvres scènes vaguement angoissantes, basées sur des effets jump scare maladroits et très prévisibles.
La phobie des poupées, pantins et autres clowns, qui devait servir de base à l'intensité angoissante, n'est que très partiellement exploitée, les personnages secondaires ne sont absolument pas creusés et la fin est bâclée.
Quelques points pour la photographie, pas inélégante (il faut dire que le réalisateur vient apparemment de ce domaine à la base) et pour l'actrice principale qui fait ce qu'elle peut.
En bref, on pourra passer son chemin et on préférera Conjuring et Dead Silence ou encore Mama (Andres Muschietti - 2013) et Jusqu'en en enfer (Sam Raimi – 2009) sur des sujets connexes.
Chucky peut donc dormir tranquille.