Je dois être un des rare spectateur à s'être rendu au cinéma le 17 décembre 2015 pour aller voir "Heart of Sea" en pleine Star Wars mania. C'est ma façon à moi de me démarquer de la masse hum hum.
Il faut dire que la BA datée d'il y a plus d'un an cumulée au nom de Ron Howard a de quoi intéresser. J'avais trouvé son "Rush" particulièrement réussi en optant pour le côté immersif de la formule 1 avec une photographie aux petits oignons. Que vaut ce Moby Dick 2.0 ?
Et bien, un bon divertissement troussé avec métier, mais un poil décevant. J'aime essentiellement la partie historique et la vie de baleinier sur le voilier. Car ouai, à l'heure de la COP 21 et des résolutions écologiques, je trouve Ron Howard courageux d'adapter une histoire qui nous semble bien lointaine et de compter les pérégrinations de ces tueurs de cachalots. Le pari risqué du réalisateur semble d'ailleurs coûter cher à la Warner puisque le flop s'annonce monumentale.
Et pourtant au milieu des blockbusters de SF qui pullulent sur nos écrans, une virée en mer musclée a de quoi rafraîchir le spectateur en quête de nouvelles marées.
Bref...
Difficile de ne pas mentionner la photographie du film qui figure parmi les décisions périlleuses du projet. Certains plans sont réellement magnifiques notamment lors du calme plat et parfois, les couleurs marquées donnent un effet numérique gerbant tant c'est exagéré.
Le casting n'est pas des plus convaincant non plus malgré des acteurs talentueux tels que Cillian Murphy et Brendan Gleeson en tête.
La déception vient essentiellement du cachalot numérique et des scènes d'affrontements maritime que je trouve anecdotiques voire ratés. Dans ces moments de tension, Ron Howard perd complètement de point de vue et l'on assiste hélas à une bouillie numérique peu engageante. Pire, la dualité naissante entre Chris Hemsworth et Moby Dick est à peine effleurée, le metteur en scène préférant mettre en avant des tensions au sein de l'équipage.
Enfin, le rythme de narration me paraît un poil chaotique avec une double temporalité inutile à mes yeux et meublant du mieux qu'elle peut les deux heures d'entertainment à tenir.
Loin d'être désagréable, ce film d'aventure mêlant avec plus ou moins de brio l'épique et l'intime (surtout dans une dernière partie survival surprenante d'âpreté) ne mérite décidément pas son flop au box-office malgré la multitude de failles qui parsèment le film.
Je me dois de voir la version de John Huston désormais ! Oyé moussaillons !