Bienvenue à Cadavres-Les-Bains par Gaylord G
Quelque part perdu dans la campagne Viennoise, plusieurs histoires se recoupent autour d’une intrigue mystérieuse. Brenner, chargé de récupérer une voiture pour cause d’impayés, va se retrouver au restaurant Löschenkohl où il va rencontrer une famille des plus originale. Commence alors une enquête à la fois déjantée, amère et pourtant incroyablement réaliste.
A la lecture de ce titre accrocheur, le spectateur se prépare au grand n’importe quoi à la limite de la série B. Le résultat est cependant bien loin de nos attentes car Bienvenue à Cadavre-les-bains en emprunte finalement que l’élément le plus intéressant: l’ambiance déjantée. Pour le reste, il n’a rien du film léger et comique que l’on pouvait attendre.
Techniquement, le film s’approche de l’excellence. D’un bout à l’autre se ressent la recherche du cadre parfait, de la lumière juste et de la mise en scène adéquate. On ressent le soucis de toujours trouver le ton juste pour que forme et fond coexiste. Ce soucis si souvent désiré et si rarement atteint. Ici donc, la sauce prend parfaitement, la technique s’efface par sa perfection, les acteurs, inconnus mais pourtant incroyables, s’offre entièrement à leurs personnages et le spectateur peut alors pleinement se plonger dans l’histoire.
D’une complexité finalement justement dosée, le scénario nous propose une enquête finement menée mettant en scène de nombreux personnages sans réels liens apparent mais qui finalement vont se retrouver étroitement liés. Là où le film trouve toute sa force c’est qu’il parvient à mettre en scène de façon passionnante des personnages totalement ordinaires. Ici donc, pas de grand méchant, de tueur psychopathe et torturé, de bourreau incompris ou de gentil sauveur patriotique. Ici la mort perd de son ampleur, la violence retrouve son état le plus primaire, le meurtre est banalisé et le suspense, si normal, qu’il devient incroyablement réaliste. Le film parvient donc à trouver le ton juste entre comédie, témoignage social et thriller noir.
Sans prétention, sans en faire des tonnes mais avec qualité, Wolgang Murnberger parvient ici à réinventer le thriller en le rendant totalement ordinaire. Il assaisonne le tout d’un humour cher au pays nordique et, comme l’avait brillamment réussit Anders Thomas Jensen dans Les Bouchers Verts, parvient à trouver une originalité et une fraîcheur difficilement comparable.