Ce film est une pure découverte fortuite, suggérée par l’algorithme de Youtube suite à mes écoutes répétées de California Dreamin’. Intrigué par les images d’une jeune fille aux cheveux courts dansant doucement sur ma chanson préférée, j’ai choisi de franchir le pas et de remédier enfin à mon ignorance du cinéma hongkongais.
L’histoire se contente de suivre deux romances urbaines qui se touchent brièvement, quoique le principal thème ne soit pas tant l’amour que la solitude. Les personnages se croisent sans parvenir à se retenir, et malgré leurs tentatives de nouer des liens, se retrouvent toujours livrés à eux-mêmes dans une ville qui ne semble jamais s’arrêter de vivre. Leurs gesticulations maladroites pour se réconforter les uns et les autres suscitent une empathie amusée chez le spectateur, ainsi forcé de partager l’intimité de ces héros qui tentent de s’arracher à leur solitude.
Ce sentiment d’empathie contrainte est renforcé par les prises de vues, à mêmes de nous faire ressentir la densité urbaine : les rues étroites, les appartements et les boutiques minuscules, les lieux publics où la foule se presse entre nous et les personnages que l’on veut suivre, tous nous font ressentir avec plus d’acuité la sensation d’isolement dans laquelle ils se débattent. Histoires, rencontres, émotions, relations, tout parait glisser sur eux comme la pluie, soulignant l’aspect instable, voire fébrile, de leurs sentiments.
Bien sûr, on peut être dérouté par certains choix, comme le fait que la première histoire s’interrompt in medias res, ou l’absence d’explications globales. Mais cela participe, dans l’ensemble, à nous offrir une œuvre déroutante que sa pudeur peut rendre inaccessible dans certaines conditions. On retiendra la mélancolie envoutante qui s’en dégage, au rythme de California Dreamin’.