Abel Gance réunit Cyrano de Bergerac et d'Artagnan dans une fantaisie historico-romanesque assez peu convaincante. Bavarde, que ce soit en prose ou en alexandrins, la comédie s'articule autour d'une vague et faible intrigue de palais mettant en cause la Reine de France, reprend et remanie très librement des aspects des oeuvres célèbres de Dumas et Rostand.
Plus tard, comme une digression au coeur d'un divertissement qui a l'apparence d'un film commun de cape et d'épée, Abel Gance confronte ses deux héros à deux jouvancelles énamourées dans une étude, une démonstration trop longues et redondantes de "l'amour physiologique" (dixit l'auteur). Où Cyrano et d'Artagnan, José Ferrer et Jean-Pierre Cassel, mesureront auprès de leurs amoureuses Marion Delorme et Ninon de Lenclos (deux jolies actrices mais guère plus)
que leur virilité -postulat audacieux et anti-romantique- est leur primordiale séduction.
Ce marivaudage à quatre ou chassé-croisé libertin est hélas trop discursif pour être léger.
L'amitié indéfectible entres les deux héros, la fougue de d'Artagnan, le panache de Cyrano, caractérisent pauvrement deux personnages qui, hors de leurs histoires originelles respectives, n'ont guère de raisons d'être ici.