Requiem pour nos frères tziganes
1943, Paris: Django Rheinhardt est un guitariste hors pair et en cette période d'Occupation, la musique constitue une source de quiétude. Sauf si l'on est tzigane, que l'on fréquente une résistante tout en étant marié, et que l'Etat-Major allemand désire que l'orchestre du guitariste se produise pour l'Etat-Major.
Django Rheinhardt est forcément un nom connu pour tout mélomane, qui plus est jazzy. Pourtant, je me dois de confesser que hormis nuages, je n'avais aucun autre air en tête. Si tel serait également votre cas, je ne puis que vous inviter a cette expérience musicale: l'accueil très vite vous en remerciera.
Mais au fil du film, une autre thématique, Historique celle-ci, prend davantage possession du film, et tel la liste de Schindler, l'on assiste au génocide tsigane perpétré par les nazis.
Reda Kateb est Django: son faciès, ses mimiques, son humour décalé: tout l'attirail y est. Mais c'est bien l'inconnue Bimbam Merstein qui, en mère de Django, bouleverse littéralement par sa spontanéité pouvant laisser supposer qu'elle a peut-être vécu un tel événement dans sa vie.
Certes, tout n'est pas irréprochable : la scène introductive suscite l'interrogation et si l'on a pas l'âme mélomane, le temps pourrait parfois paraître un peu long même si les instrumentations sont remarquables.
Mais tandis que l'issue se précise et que l'on pense assister à un final type "biopic", c'est un véritable Memorium visuel et musical qui nous est proposé avec une œuvre inconnue de Django. Et cette séquence, tel la liste de Schindler, fait oublier ces imperfections (notamment la situation géographique erronée de Thonon) pour nous focaliser sur un seul point: il n'y a pas que les juifs qui furent persécutés, les tsiganes le furent également.
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