PRÉPARE TES A PRIORIS, C'EST LA FIN DU MONDE, MEC !
J'aime être surpris, surtout quand c'est pas gagné d'avance. These Final Hours est clairement de cette trempe de films qui vous rabote vos grandes idées, vous bouscule pour s'imposer.
Déjà pour la réalisation plutôt exigeante pour le spectateur, toujours ou presque filmée au grand angle et en gros plan, ce qui accentue l'immersion et colle à l'action; mais aussi pour la violence constante (morale ou physique) appliquée aux personnages du début à la fin de l'histoire. Une violence particulièrement décuplée par le fait qu'un des personnages principaux est une fillette de 12 ans. Et comme les réalisateurs ne vont rien vous épargner, vous aurez droit à l'initiative d'un viol collectif d'enfant. Inutile de préciser que cette séquence est très éprouvante, car même si heureusement la tentative est avortée à temps, la violence suggérée est dans un créneau largement inhabituel pour le spectateur.
Mais il ne s'agit ici que d'un exemple, et dans ce monde voué à sa perte, les deux réalisateurs captent très bien le désespoir, les névroses et la violence latente de leurs homologues homo sapiens, quitte à faire un pont en seconde lecture avec la violence innée des hommes et leur besoin de l'adoucir pour pouvoir vivre en communauté.
Cette communauté d'autant plus fragile qu'elle ne semble pas pouvoir survivre aux idéaux d'une partie de ces membres, coincés entre une mort inéluctable et une morale qui bat de l'aile. Les thèmes abordés seront donc nombreux et presque toujours exploités sans aucune concession. On peut donc dire que les deux réalisateurs ont une vision très pessimistes de leurs semblables, mais plutôt réaliste au regard de ce qui se passe par exemple avec les intégristes de tous poils ou simplement face à l'imminence de cette fin du monde. Et ma foi, ce regard me plait bien si l'on compare avec la pléthore de blockbusters sur ce créneau, car il n'offrent qu'une vision très lisse et consensuelle.
Pour continuer, il me parait important d'aborder l'ambiance. Elle est très réussie, et ce petit Road Movie s'articule notamment sur un rythme nerveux et sur le sublime jeu des acteurs.
L'essentiel tient dans la relation entre cet ado attardé et cette petite fille trop mature pour son âge, qui offre déjà un intérêt en soi, mais son évolution est également très bien gérée. Les deux acteurs n'ont certes pas vraiment de tirades Shakespeariennes, mais la photographie et leurs jeux sont impeccables. On ressort donc vraiment touché par cette histoire, et ce d'autant plus que cette banlieue de Perth pourrait être la votre, tout comme cette petite fille.
Zak Hilditch, présent lors de la séance, l'a bien précisé: il y a énormément de film sur la fin du monde, dont les décors axés sur des grandes villes et les scénarios impersonnels ne dégagent pas vraiment grand chose. Ici, c'est précisément le contraire. Cette petite banlieue et ces personnages très communs vous permettent de vous identifier à fond dans l'histoire. (Peut être un peu trop en ce qui me concerne)
Du coup le résultat est vraiment prenant.
Bien joué.