La mention « From the creator of Your Name » siégeant au sommet de son affiche, le long-métrage sino-japonais Flavors of Youth donnait le ton : encore que nous puissions naturellement douter de la relation de cause à effet, la chose ayant des vues avant tout marketing, mais ses prétentions ne paraissaient pas feintes.
Pourtant, et là est bien la preuve que le procédé est généralement putassier, cette compilation de trois courts-métrages est d’une simplicité confondante : avec en filigrane des thématiques communes, ce récit anthologique prime avant tout de par sa cohérence globale, ses traits sympathiques et une teneur mélancolique salvatrice. Une manière de briser les frontières, notamment celle séparant la Chine du Japon (dont l’histoire commune est empreinte de différents sanglants), mais en s’adressant également au spectateur occidental.
Car si les environnements de Pékin ou Shanghai nous sont étrangers, ou plus encore la culture dominant en ces lieux lointains, tout un chacun pourra se projeter au travers des personnages… la nostalgie étant de fait un sentiment commun à tous. Sans atteindre des sommets en termes d’écriture, dans la droite lignée d’une ambition somme toute minimale, Flavors of Youth constitue une curieuse découverte, l’occasion de voyager au gré des réflexions, déboires et joies d’une jeunesse chinoise en quête de repères.
Il faut donc bien convenir que c’est plutôt niais, l’ambiance inaugurale plutôt morne cédant rapidement le pas à de vives éclaircies, chacune des trois résolutions ayant à cœur de redorer le blason d’une existence valant la peine d’être vécue. Graphiquement solide comme équilibré, le film souffre davantage de sa nature tripartite : les courts sont en ce sens inégaux, encore que leurs appréciations respectives soient surtout affaire de ressenti personnel.
Par exemple, Les Nouilles de riz est de loin le plus limité est termes d’intrigue, mais il est pourtant celui m’ayant le plus parlé : grand amateur de nouilles asiatiques et autres bouillons fumant, nostalgique des bons petits plats que me concoctait autrefois mes grands-parents, ce cocktail alléchant à souhait aura aussi bien titillé mon estomac que mes souvenirs… simple mais diablement efficace en somme ! À contrario, le court dédié à la mode et la crise existentialiste de son héroïne m’aura littéralement laissé de marbre (qui plus est, la brouille avec sa sœur est très artificielle), tandis que Amour à Shanghai bénéficie pleinement de la dimension universelle de sa romance, sans pour autant être véritablement touchant.
Bref, si Flavors of Youth n’a rien de la pépite que faisait mine de promettre son affiche, gageons que son énergie positive et le semblant de dépaysement proposé valent le coup d’œil. Plaisant mais non indispensable.