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On a tous persisté
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le 11 avr. 2019
En 2016, Split crée la surprise dans sa scène post-générique où apparaît David Dunn, le héros de Unbreakable. Le véritable twist final du film est enfin dévoilé. Révélation une fois encore bien gardée car la participation de l'acteur a été tenue secrète, la fameuse scène absente du script et même coupée au montage lors des projections test.
Il n'est pas étonnant que David Dunn et The Horde se côtoient dans le même univers. Le personnage de Kevin devait d'ailleurs apparaître dans Unbreakable, la rumeur voulant que l'enfant accompagné de sa mère abusive, qui bouscule David dans l'une des scènes se déroulant dans le stade, serait Kevin. Les cris de détresse que perçoit David lors du contact semblent le confirmer.
C'est donc tout naturellement que M. Night Shyamalan reprend son histoire là où il l'avait laissée pour écrire et réaliser Glass qui va conclure cette trilogie. Pour l’occasion, il collabore de nouveau avec les studios The Walt Disney Company après une longue interruption. Le studio à la souris étant encore détentrice des droits des personnages de Unbreakable. Ils avaient acceptés l’apparition furtive de David Dunn dans Split à la condition précise que Disney soit impliqué dans une éventuelle suite en cas de succès.
Glass sortira donc sous le label générique Buena Vista International pour le début d’année 2019.
Le trio d'acteurs venant des deux précédents opus répond fidèlement à l'appel. Bruce Willis et Samuel L. Jackson n’ont en effet plus rien à prouver, et le montrent encore une fois en reprenant leurs rôles respectifs de Unbreakable. Mais la réelle réussite du film est bien la performance habitée et stupéfiante de James McAvoy. Il m’avait déjà bluffé dans Split, mais il monte encore la barre dans ce nouveau film. Les personnalités se développent. Elles sont plus nombreuses, plus poussées, plus touchantes, plus nuancées. Le scénario propose des personnages qui sont déstabilisés. Ils se mettent à douter de leurs croyances, et c’est aussi le cas pour certaines personnalités de The Horde.
Pour représenté ses super-héros, M. Night Shyamalan utilise encore ses codes couleurs comme lors de ses deux premiers films. Cette fois c’est beaucoup plus marquant à l’œil. Le vert est associé à David Dunn car cette couleur donne la vie et David est le protecteur de la vie. Le violet a été choisi pour Mister Glass car cette couleur royal et majestueuse sied à quelqu’un qui se voit comme le personnage principal de comics. Enfin, le jaune pour The Horde car cette couleur prend une connotation religieuse et mystique dans les cérémonies hindous et bouddhistes. Shyamalan voit The Horde comme une sorte d’apôtre de ceux que la vie a brisés.
D’ailleurs, The Horde est au centre du film. Le moins qu’on puisse dire, c’est que James McAvoy excelle encore une fois dans sa façon de retranscrire ces personnalités qui cohabitent en passant de l’une à l’autre avec une maîtrise presque hypnotique, ce qui donne au film quelques beaux moments d’émotion et de comédie. Ce qui est plus gênant en revanche, c’est de constater que M. Night Shyamalan lui-même semble être tombé sous le charme de la performance de l’acteur, au point de trop délaisser les autres, que ce soit Bruce Willis ou Samuel L Jackson qui est censé être le centre du récit (vu le titre du film).
L'entourage du trio des super-héros est également présent. Anya Taylor-Joy, la seule survivante de Split, revient dans le rôle de Casey Cooke. Mais on a surtout le retour de Spencer Treat Clark et Charlayne Woodard qui reviennent reprendre leurs rôles respectifs de Joseph Dunn et Mme Price près de vingt ans après Unbreakable. Si ces rôles secondaires sont peut-être légèrement sous-exploité, ce second trio de personnages permet néanmoins d'apporter la touche d'humanité et de normalité aux trois protagonistes principaux. Ainsi, le spectateur est témoin de l'attachement d'une victime pour son bourreau, l’idolâtrie sans faille d'un fils pour son père, ou encore l'amour inconditionnel d'une mère pour son fils.
Il faut noter le caméo de M. Night Shyamalan qui revient avec son personnage de Jai qu’on a déjà vu dans Unbreakable et Split. Le réalisateur et scénariste s’en amuse d’ailleurs.
Le destin des super-héros sera contrecarré par la théorie du Dr. Staple interprétée par la très froide Sarah Paulson. Elle bénéficie de trois jours pour guérir les super-héros de ce qu'elle pense être tout simplement une forme de mégalomanie aiguë. Si les codes des comics books sont distinctement clairs et assumés depuis les deux films précédents, la réalité médicale et psychiatrique essaye donc d’être légitime et fondée, à travers la présence de ce nouveau personnage. Elle essaye de semer le trouble dans l'esprit de ses patients (et du public) quand elle évoque la question du réel et de l'imaginaire, ainsi que du possible et de l'impossible. Un trouble qui n’arrivera jamais à atteindre le spectateur car les codes sont établis depuis les deux précédents films comme je l’ai dit plus haut.
C’est dommage que cette acte dans l’hôpital psychiatrique et notamment la remise en question de Sarah Paulson concernant les pouvoirs des trois super-héros n’arrive jamais à nous faire douter. De même, cet énigmatique clan secret au trèfle à trois feuilles est poussif.
Tout l’enjeu de Glass est de parler de l’image du super-héros dans la société. C’est rendre hommage aux comics pour rétablir un rapport entre l’essence des comics et la réalité. Nulle volonté pour M. Night Shyamalan de glorifier ces personnages, au contraire, il s’agit de les ancrer dans la réalité et de montrer leur failles pour les rendre humains. Glass vient offrir une conclusion tourmentée à cette trilogie, un aboutissement, une nouvelle exploration des thématiques de la croyance, du rationalisme dans la société, et l’image des super-héros.
Créée
le 22 févr. 2023
Modifiée
le 22 févr. 2023
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