Produit par Steven Spielberg et réalisé par Joe Dante, Gremlins s’est imposé comme une référence dans le domaine de la comédie horrifique. Porté par un scénario signé Chris Columbus (qu’on retrouvera plus tard derrière Home Alone ou les premiers Harry Potter), le film joue habilement sur les contrastes, en deux temps bien distincts.
La première moitié nous plonge dans une ambiance de film de Noël classique, avec ses rues enneigées, sa petite ville américaine typique, et l’irrésistible Gizmo, un Mogwaï tout droit sorti d’un rêve d’enfant. Mignon, doux, attendrissant — Gizmo incarne l’esprit familial et féerique des fêtes, ce qui rend la rupture avec la seconde partie d’autant plus saisissante.
Car passé un certain cap, Gremlins bascule dans une folie visuelle et narrative. L’horreur pointe le bout de son nez, mais toujours teintée d’humour noir et de second degré. Les gremlins — ces petites créatures visqueuses, cruelles et farceuses — envahissent l’écran, enchaînant les gags absurdes dans une série de scènes qui tiennent presque du sketch. L’intrigue s’efface peu à peu au profit d’un joyeux chaos, où Joe Dante semble s’amuser comme un gosse, multipliant les idées délirantes autour de ses monstres.
Visuellement, certains effets spéciaux accusent leur âge, mais conservent un charme rétro indéniable. Les marionnettes, l’animation en animatronique et les décors pratiques ont une patte artisanale qui résiste encore bien au temps. Le film s’amuse aussi avec une avalanche de références ciné : E.T., Indiana Jones (clin d’œil au producteur Spielberg), Blanche-Neige, Flashdance, et même Retour vers le futur puisque la ville du film est tournée dans les mêmes décors.
Gremlins n’est pas un grand film au sens narratif du terme — son scénario finit par céder à l’accumulation de gags — mais c’est un objet de pop culture unique, drôle, irrévérencieux et plein d’idées visuelles. Un film qui marque, qui amuse, et qui prouve qu’un Noël peut aussi virer au cauchemar… pour notre plus grand plaisir.