À la fin des années 80, l'écrivain-scénariste Clive Barker décide, après quelques intercalations avec le système hollywoodien, de réaliser lui-même l'adaptation de son œuvre-phare "The Hellbound Heart", sortie en 1986. Mettant en scène un univers unique basé sur le mélange entre le gothique, le sadomasochisme et le fantastique, le film nous entraîne dans une histoire d'amour fantasmagorique des plus terrifiantes, alternant efficacement entre frissons véritables et horreur visuellement viscérale.
Nous suivons donc l'énigmatique pouvoir de ce cube ancestral ouvrant les portes d'un univers parallèle où les plaisirs de la chair sont ici exploités à leur maximum, entremêlant sexe et douleur pour la plus grande satisfaction de Frank, un marginal masochiste des plus exécrables. Lorsqu'il parvient cependant à s'échapper des enfers, il va mettre en danger son innocente belle-famille...
Jouant sur un suspense des plus palpables autour d'une réalisation soignée et efficace malgré son faible budget, Hellraiser ne fait pas la part belle aux fameux Cénobites, les créatures tout de latex vêtus ne faisant que quelques apparitions au final. L'intrigue tourne plutôt ici sur l'infidélité de Julia, femme froide préférant la bestialité de son beau-frère à la routine de son propre mari. Cette histoire d'amour lugubre entre ce dernier, décomposé et à la recherche de sang pour se reconstituer, et la dégénérée Julia est donc au centre du long-métrage.
Cette lubie morbide avance progressivement vers un déchainement horrifique parfait lors de la venue desdits Cénobites dont seul Clive Barker arrive à mettre en images avec une efficacité déroutante. Original, glauque, parfois dérangeant, suffisamment gore pour tourner de l'œil mais aussi diablement poétique, Hellraiser est un petit bijou du fantastique, l'un des piliers du genre apparus dans les années 80.