Je ne savais pas que Soderbergh avait cédé aux sirènes de Netflix et suis toujours aussi surpris qu'il tourne toujours autant malgré sa retraite anticipée et franchement je vais me répéter, mais ses films n'ont jamais été aussi bon que depuis qu'il veut arrêter le cinéma.
Alors évacuons tout de suite un aspect, oui c'est tourné à l'iphone, oui c'est un grand angle, oui c'est dégueu... autant dans son film précédent ça rajoutait un peu à l'anxiété générale, autant là... je ne suis pas sûr de voir l'intérêt... mais je dois dire que je trouve la photographie de quasiment tous les Soderbergh immonde.
Mais passé ce parti pris inutile, le film est vraiment bon. On retrouve comme dans Ocean's Eleven ou Logan Lucky des gens qui vont arnaquer le système, faire un casse, façon de parler. Mais ce qui est intéressant c'est l'évolution. Ocean c'était du blingbling, des gens riches en costard, Logan Lucky c'était des prolos (et il y avait une dimension antispectaculaire vraiment géniale) et là on s'intéresse à la communauté noire américaine aux USA.
Alors le film insiste beaucoup là-dessus, allant même jusqu'à comparer la NBA à l'esclavage et disons que si le scénariste avait été plus malin il aurait pu se rendre compte que c'était juste le salariat et plus qu'un film sur l'émancipation des noirs c'est avant tout un film sur une mini révolte d'une classe laborieuse, mais je suppose que le communisme n'est toujours pas à la mode aux USA.
Mais je dois dire que j'ai trouvé l'histoire brillante, il y a côté foisonnant que j'adore, on sent vraiment que ça grouille, qu'il y a plein de tenants et aboutissants, plein d'acteurs qui peuvent faire que la grève (je suppose qu'un Lock out à la NBA c'est une grève) des joueurs de basket continue ou s'arrête. Et j'aime beaucoup la fin qui permet de tout comprendre et de voir comment un seul type a réussi à secouer tout le système en manipulant un peu tout le monde.
C'est génial !
Il y a ce côté réellement jouissif de voir tout ça commencer à prendre forme, de voir les pièces du puzzle s'imbriquer et surtout de voir les dimensions que ça prend.
Mais encore une fois je vois Soderbergh donner une leçon aux films de braquage ou arnaque en ajoutant une dimension sociale, en détournant allègrement les codes, en optant pour les dialogues et l'antispectaculaire...
Alors évidemment c'est moins marrant que Logan Lucky, le film a un côté assez austère, mais je peux difficilement le retenir de trouver ça réjouissant. Et si on passe outre la forme un peu étrange, c'est un bon film, surtout que les dialogues sont vraiment bons, dynamiques juste ce qu'il faut pour faire sentir la tension de la situation au spectateur. Soderbergh se permet même quelques petites expérimentations avec son iphone et brise par moment la règle des 180°, renforçant une impression de malaise.
Franchement c'est pas mal du tout, faut juste passer outre la tronche du truc.