Entre Londres et Washington, les tractations, le lobbying et les subtilités sémantiques mettent en effervescence les cabinets ministériels et secrétariats d'Etat à propos de la guerre en Irak. Dans la comédie de l'anglais Armando Ianucci, peu importe qui, des pro ou anti-guerre, enlèvera le morceau devant l'ONU, ce qui compte c'est de montrer comment se conçoit la politique des Etats.
Côté anglais: le dircom de Tony Blair, véritable premier ministre bis, énervé et injurieux, un sous-ministre à la mondialisation transparent et incompétent, flanqué d'une jeune conseiller technocrate. Côté américain: deux secrétaires d'Etat en bisbille, suivis eux aussi par leurs conseillers petits caniches. Autant de personnages drôles, dont on n'est d'ailleurs pas certains qu'il sont caricaturaux, oeuvrant en coulisse, de réunions en commissions, et participant à une farce réjouissante et incisive.
La satire de moeurs politiques est spécialement corrosive, qui montre les élites telles qu'elles sont, bien loin de la componction diplomatique relayée pour le public. C'est, à travers ces protagonistes, un festival de fatuité et de trivialité, de lâchetés et d'humiliations -le ministre anglais ne compte pour rien, incarnant l'Angleterre à la traine des USA, sinon inféodée). La politique ne semble s'exercer ici que dans le mépris et l'insulte. Décapant.