Oui, Repentez-vous, haters de notre grand maître Paul WS Anderson ! Repentez-vous tandis que la lumière de son dernier bousin numérique vient baigner vos visages ahuris dans l'incompréhension la plus totale ! OUI, célébrons le retour du génie derrière les 3 mousquetaires ninjas et le montage à 3000 plans à la seconde !
Bon fini la plaisanterie : j'attendais avec une certaine impatience le retour d'Anderson au cinéma, ayant raté son précédent chef-d'oeuvre sur le grand écran. Et autant dire que je ne suis pas déçu mais pas non plus convaincu par ce qu'on vient de nous lâcher dans les salles.
Rendons déjà à César ce qui est à César : c'est visuellement l'un des films les plus beaux de la carrière d'Anderson dans sa période purement numérique. Mais quand je dis "beau", je parle de quelques plans bien travaillés, à l'esthétisme assez puissant, hein. Pas vraiment le cas de la photographie en général dont le sepia rendrait jaloux Martin Bourboulon et ses 3 mousquetaires (encore eux, tiens) et dont l'affreuse abondance de fonds verts rapproche davantage le tout d'un film d'animation. Après, ça reste suffisamment stylisé pour qu'on finisse par accepter que Paul n'a pas d'autres démarches que de tout filmer en studio.
Notons aussi l'étonnant mélange steam-punk - croisade, combiné avec de la fantasy et du western, un alliage pas toujours homogène mais qui ne me laisse pas indifférent, tout comme certains morceaux de bravoure qui m'ont arraché quelques ronds de bouche.
Là où je vais me révéler plus virulent, c'est au niveau du scénario. Parce qu'autant il semble globalement respecter la trame assez basique du récit de George R.R. Martin, autant je ne suis pas sûr d'avoir compris ce film à l'histoire aussi bête qu'acheter des fraises en hiver. Pour résumer, je ne comprends rien à l'univers de In The Lost Lands. Genre, pourquoi un ordre religieux semble avoir pris les commandes de la seule dernière ville alors qu'on nous montre 2 scènes plus tard que c'est un genre de roi mourant qui régit en fait tout, et non pas les religieux ? Et pourquoi il y a des esclaves qui travaillent dans une mine alors que le reste de la population se la coule douce dans des bars ? Et que vient faire une sorcière dans tout ça ? Et qui est-elle en fait ? D'où vient-elle ? En existe-t-il d'autres ? Etc. Tout ça ne sera jamais expliqué, si bien que je reste confus du début à la fin, peinant à saisir les enjeux et à m'attacher aux personnages. Certes, le duo Jovovich-Batista est visuellement assez intéressant, et bien plus humains que la plupart des personnages écrits et mis en scène par Anderson, mais reste que plus l'intrigue avance plus je m'en fous d'eux. Et me laissez pas aborder le cas douteux et hilarant des antagonistes qui leur collent aux basques, ces religieux tarés et leur train de l'apocalypse volé à George Miller. De grands moments de rire et de malaise, ah ça oui !
J'ai beau essayer de prendre le film comme un genre de conte abstrait, ça ne marche pas. Trop d'éléments se contredisent. En plus, le long-métrage ne surprend qu'à de rares moments, dont un twist qui m'a bien pris au dépourvu. Mais ce qui en découle me laisse très très perplexe et accouche d'une fin aussi précipitée que grinçante.
Ouais, c'est définitivement du Paul WS Anderson : divertissant et très bête. Je m'amuse bien devant, même si je regrette de ne pas tomber sur une perle telle que le glorieux, le fantastique, l'indétrôné Resident Evil : Chapitre final. Le monument, le pic de la carrière d'Anderson ! C'est moi qui vous le dit !