Chronique d’un film mort-né, ce documentaire décrypte la conception de ce projet culte du gigantisme qui aurait sûrement changé la face du cinéma s’il était arrivé à son terme.
Prenons dans l’ordre. Tout d’abord, un producteur qui a une totale confiance dans son réal et lui donne quasiment carte blanche. Un réalisateur totalement allumé (Lynch est un mec relativement conventionnel en regard des délires de Jodo) qui a ses idées, et, chose importante, qui ne connaît absolument pas le bouquin qu’il doit adapter. Des choix très précis de collaborateurs (dont la plupart vont marquer la SF des années 70/80) qui le suivent dans son entreprise. Des caprices de casting qui se montrent plutôt dingues (Dali, Jagger, Welles). Et surtout, une foi indestructible sur ce que sera le film (dont on peut raisonnablement penser que le format cinéma ne pouvait pas fonctionner).
Le pire dans tout ça, c’est que cela est presque abouti, les studios ayant tous trouvé cela enthousiasmant. Et il faut dire qu’il y a tellement d’idées que cela ne peut pousser qu’à avoir des regrets sur ce membre éminent des films que l’on ne verra jamais.