Franchement, même si je savais déjà tout ce qu'il y avait à savoir à son sujet, j'avais de l'espoir pour L'Île du Dr. Moreau. Avec le talentueux Stan Winston au département maquillage et le légendaire HG Wells en guise de matériau d'origine, je voulais y croire. Mais ça n'aura pas suffit : le film est nul, raté, charcuté et le pire du pire... ennuyeux.
On connait tous les déboirs qu'a rencontré l'équipe du tournage durant toute la production, et ça transparaît durant le visionnage. A l'image de l'homme-léopard en CGI dégueulasses, ça saute carrément à la figure. Le scénario pourtant bête comme cochon ne semble jamais avancer. Les scènes s'enchaînent sans qu'il ne se passe quelque chose d'impactant et, surtout, se suivent très mal entre elles, comme si le monteur tentait désespérément d'assembler une bête en train de crever, un peu comme le Dr. Moreau du bouquin d'origine. En parlant de bêtes, même cet aspect prometteur finit lui aussi par décevoir. Le boulot de Stan Winston et de son équipe est indéniablement réussi, sauf qu'on en profite finalement peu puisque seule une poignée de créatures sont vraiment montrées, les autres restent à l'arrière et présentent des designs flous évoquant peu la folie d'un croisement humain-animal. Même l'équipe créative ne semble pas avoir pu s'amuser avec le concept en pondant un maximum de bestiaux foireux, si c'est pas désolant.
Pourtant j'y croyais encore au début du 1er acte en découvrant la base du scientifique fou, superbe décor en pleine forêt australienne. Mais passé la courte enquête du protagoniste qui l'amènera à assister à une scène bien glauque et bien trop courte, le film s'effondre, incapable de captiver jusqu'au générique de fin. On se fait chier, clairement. En fait, même les personnages semblent se faire chier. On dirait sérieusement que John Frankenheimer a filmé son trio d'acteurs à leur insu durant la pause déj. Du coup il n'y a pas vraiment grand chose à reprocher au jeu de Brando, Kilmer et Thewlis puisqu'ils n'ont tout simplement pas l'air de jouer. Ça boit des verres, ça s'endort à moitié derrière un bureau, ça lit des documents sans les lires, etc. Là réside au final la vraie tragédie de L'Île du Dr. Moreau : ce qui aurait pu être un grand conte horrifique n'a même pas pu finir en nanar jouïssif et en est simplement réduit à un film étrange et incroyablement ennuyeux.
Même si quelques qualités sont à relever, rien ici ne vaut la peine d'être regardé. Pour moi, l'île, c'est directement à la poubelle.