Arrivederci Lino
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le 30 déc. 2016
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Une bonne dizaine d'années après "le silencieux", Claude Pinoteau retrouve Lino Ventura pour un nouveau polar. Sauf qu'ici le thème n'est pas l'espionnage mais plutôt une machination.
En fait le film est pour tous publics et le scénario rassemble diverses thématiques toutes plus ou moins centrées sur le personnage joué par Lino Ventura. Ainsi, on trouvera des thématiques très familiales (l'enfant adopté, la mère italienne bougonne, la maîtresse prise entre deux hommes, …) ou relatives à l'amitié (le clown ventriloque et sa femme) avec, en fond, bien entendu, ces menaces de plus en plus précises qui sont le sujet principal de l'intrigue.
Il est évident que cette dispersion des thèmes utilisés dans le scénario affaiblit l'aspect thriller ou noir qui ne reprend tous ses droits que dans la dernière demi-heure dans une fin très enlevée. Mais ! Il y a un Mais …
Sachant qu'il s'agit du dernier film dans lequel Lino Ventura joue un rôle important, rétrospectivement, il est émouvant de voir que ce film, reprend les différentes facettes des types de personnages qu'a pu incarner Lino Ventura : l'amitié, l'amour, la tendresse, la force brute, la ténacité, le respect des autres, l'empathie, etc … On ne peut évidemment pas suspecter Claude Pinoteau d'avoir manigancé ou prédit quelque chose (ce serait un comble !) mais personnellement, je trouve que ça tombe vraiment bien pour une si splendide carrière. Rien que pour ça, le film détient, involontairement, une plus-value qui dépasse l'intrigue.
Un autre grand intérêt du film, c'est la belle musique de Vladimir Cosma et en particulier son concerto pour violon interprété par Ivry Gitlis et l'orchestre philarmonique de Berlin. Là, encore, au risque de me répéter, ça tombe bien pour une belle sortie de Lino Ventura…
Du côté des seconds rôles, il y a Lea Massari qui était, aussi, là dans "le Silencieux". Ici son rôle est chargé d'émotion (c'est un peu sa marque de fabrique...) mais j'oserais avouer, sans trop savoir pourquoi, que j'ai toujours eu un peu de mal à adhérer à son jeu.
Elisabeth Bourgine tient ici le rôle d'une violoniste, fille adoptive du personnage de Lino Ventura. En revanche, tout aussi inexplicablement que mon appréciation sur Léa Massari, j'aime beaucoup la fraîcheur et l'espèce d'ingénuité de son jeu …
Un second rôle qui marque les esprits dans le film, c'est le clown triste et ventriloque que joue Jean Poiret, l'ami de Lino Ventura qu'il n'abandonnera jamais même si intérieurement, il l'agace un peu : Lino Ventura, quoi !
Et je terminerai par l'encore jeune Jean-Pierre Bacri dans le rôle de l'iconoclaste et jubilatoire inspecteur Esperanza : même si ça ne sert pas à grand-chose dans l'intrigue (voire pas du tout), c'est tout-à-fait réjouissant de trouver ce personnage qui s'incruste avec ses deux filles. On va encore me trouver lourd, mais on retrouve ici la capacité d'empathie de Lino Ventura (qui rappellerait presque celle qu'il développe dans "l'emmerdeur")
Sans oublier le commissaire de police joué par un Roger Planchon qui pousse "la chansonnette" au placide Lino Ventura, venu porter plainte et se retrouvant suspect …
Au final, c'est un film dont le scénario est quand même plutôt moyen auquel, si j'étais juste un peu raisonnable, je mettrais entre 5 et 7.
Mais comme je vois ce film essentiellement à travers Lino Ventura et comme je ne suis pas du tout raisonnable, je n'hésite pas une seule seconde.
Ce sera 8 à cause, entre autres, du dernier plan du film, absolument splendide, du visage de Lino Ventura, fixe, plein d'empathie, vaguement coupable, en train de contempler sa fille adoptive, Elisabeth Bourgine.
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Créée
le 13 déc. 2022
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