Ça commence assez vite mal pour moi. Après 5 minutes je comprends que le film est construit sur le mode flashback, procédé qui m'horripile au plus haut point à quelques rares exceptions près. En effet, pourquoi casser la linéarité d'une histoire si ce n'est pour donner un semblant de suspens ? Ou pour susciter l'intérêt du spectateur. Je pense qu'une bonne histoire n'a pas besoin qu'on ait recours à cela, et que ceux qui le font tentent juste de cacher le manque de structure (manque d'objectif principal le plus souvent) de leur histoire. Sans doute que si leur histoire était diffusée 'normalement', elle ennuierait. Mais bon, c'est Anthony Mann me suis-je dit, et donc peut-être qu'il fera partie des rares types à pouvoir prouver que ce stratagème a de l'intérêt et ne fait que renforcer l'histoire.
Pas vraiment en fait. L'histoire est d'autant plus prévisible que l'on connaît la fin ; pire, il n'y a que peu de surprise pour en arriver là : après 20 minutes, on a tout compris, l'auteur a déjà dévoilé toutes ses cartes, il ne rste plus au spectateur qu'à attendre patiemment que toute la mécanique se mette en marche. Péniblement. Enfin non. Il y a tout de même de bonnes choses. Cet univers du spectacle par exemple, ou bien les personnages. En fait il y avait matière à faire beaucoup mieux. Déjà peut-être aurait-il fallu privilégier un personnage et ne suivre que celui-là. Ici, c'est Flamarion qu'on suit principalmeent, mais de temps en temps on nous sert, sans aucune raison, le point de vue d'un autre personnage (ce qui est illogique puisque nous sommes dans un souvenir de Flamarion) ; peut-etre que Connie aurait été un meilleur choix, car elle est le personnage qui doit supporter le plus de conflits résolvables (et donc intéressants). En effet, elle va jusqu'à manipuler trois pauvres huitres en même temps, cela révèle du génie, mais ce n'est que trop peu exploité.
Côté mise en scène, c'est bien fait, pas trop de mouvement de caméra, un découpage intelligent et une patte anonyme. Quelques points de vue sortent quand même du lot, comme celui de Flamarion au début du film, depuis sa cachette. Les acteurs ne sont pas géniaux mais suffisent. Erich von Stroheim est celui qui s'en tire le mieux.
Bref, "The Great Flamarion" est un film noir qui manque d'idées malgré son potentiel de départ, mais ça reste une intrigue divertissante malgré tout.