Avec "La maternelle", le généralement passable Henri Diamant-Berger saute à pieds joints dans le mélodrame des familles et les petits numéros de chiens savants.
D'un côté, il veut attendrir ou amuser avec des mots d'enfants qui n'en sont pas; de l'autre, il expose les tourments communs de quelques adultes occupés à la bonne marche d'une école maternelle de l'immédiate après-guerre. Entre anecdotisme et psychodrames, le film charge de sens le personnel éducatif dont il salue le dévouement quasi général (ainsi Pierre Larquey en concierge et papa-gâteau) avant de conclure par un dénouement édifiant.
On voudrait s'émouvoir avec le réalisateur des bonnes bouilles de marmots qu'il filme. Mais Diamant-Berger, précisément, les met en scène, c'est-à-dire qu'il ne capte aucun moment de vérité; il fait jouer ses tout petits comédiens au lieu de leur "voler" des moments vrais. De telle façon que rien n'est authentique dans ce film.
Le réalisateur évoque des cas sociaux tristes et des situations dramatiques, regrette que les parents ou les adultes ne soient pas toujours à la hauteur mais le reflet qu'il donne des problématiques scolaires de son époque, de la petite enfance en général , relève de l'imagerie d'Epinal.
C'est très lisible et très ennuyeux.