Un riche antiquaire, qui trainait ses guêtres dans les ventes aux enchères de New-York, est retrouvé assassiné. Son psychiatre va vouloir enquêter sur les raisons de cette disparition, et il va rencontrer une femme, qui était son assistante mais aussi sa dernière campagne. Tout en éprouvant une attirance réciproque, il veut savoir si elle n'est pas liée à cette mort.
Trois ans après le triomphe de Kramer contre Kramer, qui valut à Meryl Streep son premier Oscar, cette dernière va refaire équipe avec Robert Benton (dont j'avais apprécié son premier film, Bad Company) pour un thriller hitchcockien en diable, et qui par certains côtés préfigure Basic Instinct, en plus sage. Car l'actrice est blonde comme plusieurs des héroïnes du maitre du suspens et tout comme dans le scénario de Joe Eszterhas, plusieurs indices laissent à croire qu'elle aurait un rôle dans ce meurtre. Mais le film est plus subtil que ça, et l'actrice joue de son pouvoir de séduction comme rarement, jusqu'à la montrer dans une scène de massage. Quant à Roy Scheider, jouant le psychiatre, il est lui aussi très bon, et son inexpérience dans le rôle d'enquêteur sert au personnage, qui se montre parfois gauche, ou alors dans ses confrontations avec sa mère, également psychiatre, jouée par Jessica Tandy.
La mort aux enchères est sans doute peu connu, avalé comme tout le reste de la carrière de Robert Benton par la réputation de Kramer contre Kramer, mais c'est un polar plutôt classique, de bonne facture, illustré par l'excellence des comédiens, et même si les influences sont parfois énormes, notamment la fin, ça se regarde avec grand plaisir.