Sur le fleuve Inguri, frontière naturelle entre la Géorgie et l’Abkhazie, des bandes de terres fertiles se créent et disparaissent au gré des saisons. Un vieil Abkaze et sa petite fille cultivent du maïs sur une de ces îles éphémères.
C'est un film qui observe et explore, un film sur l'espace et le temps, la fragilité des hommes, la richesse que la nature peut offrir. Pour le vieil homme aux rites répétés et l'adolescente aux sens en éveil, la vision n'est pas la même. La terre éphémère mise sur une mise en scène naturaliste pour écouter le vent, les clapotis, les pluie d'orage... tout autant que les regards, les rares paroles, les longs silences.
Perturbés par les gardes-frontière, leurs rondes régulières et leur lourde présence, grand-père et petite fille vont devoir s'adapter. La vie n'est plus la même sur l'île du fleuve Inguri, les temps changent.
Éphémère est la notion de terre ("l'île appartient au fleuve" dit le grand-père) et de frontière. Récit de deux saisons (il faut construire une cabane puis retourner la terre, semer le maïs, l'arroser, le récolter) dont l'aspect documentaire est souvent détourné (le champ de maïs semble parfois immense, l'île prenant alors des dimensions disproportionnées), La terre éphémère capte la transformation d'une jeune fille et la lassitude d'un vieil homme avec grâce et poésie.