Bienvenue dans une vieille cité bien cradasse où les bikers font la loi, au détriment des flics locaux qui ne peuvent qu’aboyer pour rappeler leur présence quand les saligauds dépouillent la veuve et l’orphelin. Fallait bien l’apathique Tom Cody pour remettre un peu d’ordre dans tout ça en dégommant le tenace Wilem Dafoe à l’occasion d’un ultime duel qui file la pêche. Un dénouement précédant, il est vrai, un dernier concert un peu longuet (pépite musicale, si si) qui résume l’ambiance générale du film : une grosse récréation assumée qui ne se prend jamais au sérieux et accumule les clichés inhérents au gros badass antipathique de retour dans son bled natal pour rappeler qu’il est finalement un enfoiré plutôt gentil.
Ben moi, j’dis oui, j’m’amuse, je dodeline de la tête sur de la dance bien grasse et je me marre à chaque scène whatzephoque qui sent bon l’inspiration bédé. Les rues de feu (grosse grosse traduction, vous en conviendrez), c’est un joli écho aux Guerriers de la nuit, un peu plus timoré mais tout aussi jouissif à mon sens. Totalement exempt de toute excuse et complètement dépourvu de la logique qui voudrait que ce genre de film soit blindé de sérieux. Hill s’amuse, filme ce qui lui file la banane, et si c’est une starlette qui chante de la soupe pendant 10 plombes et bien soit. Le bougre s’excuse en habillant Dafoe d’une redingote qui n’aurait jamais du exister, assomme avec violence sa popstar comme pour montrer qu’il peut l’empêcher de pousser la note à tout moment et range le pot de miel sagement sur l’étagère en offrant à sa bobine une fin de salopard du plus bel effet.
Finalement, il ne manque qu’un rythme un peu plus endiablé pour parfaire l’ensemble. On ne passe pas loin du grand moment récréatif, et même s’il lui manque l’énergie des Guerriers de la nuit, Les rues de feu constitue un chouette moment de cinoche, une péloche fortement ancrée dans les années 80 qui inspire une belle dose de sympathie à défaut de faire référence dans la filmo de son auteur.