"Je ne supporterai pas d'entendre, une fois de plus, une de vos histoires !"
J'ai toujours eu du mal avec les films politiques et ça se confirme une nouvelle fois avec Lincoln. Je ne connais quasiment rien de l'histoire des Etats-Unis, et encore moins son histoire politique. Je ne connais pas la distinction entre républicains et démocrates. De fait, plus d'une fois, je me suis trouvée perdue pendant les joutes verbales et suis passée à côté des divers clins d'œil, références et autres sous-entendus que tout bon américain aurait repéré et compris dans l'instant.
Je ne sous-entend pas qu'il faille être citoyen des Etats-Unis d'Amérique pour suivre et apprécier ce film, mais disons que j'ai la nette impression qu'il faille une très bonne culture de ce pays pour accrocher à cette mise en image d'un fragment de la vie d'Abraham Lincoln. Il faut aussi rester concentré durant toute la durée du film et aimer les longues digressions d'un intérêt tout à fait relatif. Parce que l'ancien président des Etats-Unis a ici la fâcheuse habitude de raconter tout un tas d'anecdotes qui ralentissent considérablement le rythme de l'histoire au moment où celle-ci commence enfin à décoller.
Et, déjà qu'il ne m'était pas aisé de maintenir mon attention devant ce défilé de postiches tous plus improbables les uns que les autres, mais les monologues ont achevé de m'abandonner sur le bas-côté. Je sais que toutes ces barbes, moustaches et autres bouclettes étaient la norme à l'époque mais la plupart semblent si factices qu'il est ardu de plonger totalement dans ce monde. Les acteurs sont très bons - même si on regrettera un tel choix de comédiens de doublage pour Daniel Day Lewis (dont la tessiture part dans les aigus dès qu'il s'emporte, le rendant plus ridicule qu'autoritaire) et Gregory House... Ah pardon ! Tommy Lee Jones - ; mais voir ce dernier avec cette perruque noire tout en rouleaux, c'était lui faire perdre toute sa crédibilité en une poignée de secondes. Comment rester concentré sur ses paroles quand le décalage est si flagrant, voire choquant, entre ses cheveux et son visage ? Ca semble bien peu de choses mais, le fait est là, ces postiches n'ont pas servi le film.
Pour être tout à fait franche, j'ai complètement décroché au bout d'une heure et demie. J'ai essayé de m'intéresser, d'écouter, de comprendre. En vain. A la moitié du film, j'en ai eu marre de tout ce blabla, de ces acteurs parlant tous en même temps, de ce style théâtral incongru sur certaines scènes (la dispute entre monsieur et madame Lincoln à propos de l'engagement de leur fils aîné en est un parfait exemple). La musique est simple, juste. L'image est belle. La réalisation soignée. Mais, désolée mon cher Steven, ce biopic ne prend pas chez moi.