Il fut un temps ou le cinéma de genre nous apporta comme je le dis souvent, ses heures de gloire, au niveau de la créativité, de l'audace ou des parti-pris. Le cinéma fantastique australien fait partie de cette mouvance dans les années 70, avec des génies de la caméra tel que "Peter Weir", ou encore "Colin Eggleston". Ce dernier se distingue, en 1978, avec l'un des films les plus primés dans les festivals pour sa démonstration d'un fantastique suggestif, ou l'atmosphère des lieux est le point d'orgue de cette perle qu'est "Long Week-end".
Cet excellent scénario signé "Everett de Roche", un auteur à qui l'on doit parmi les meilleurs films du genre, tel que "Harlequin", "Razorback" (1984), "Déviation mortelle" (1981) et "Link" (1986) , s'est ici surpassé pour rédiger un récit en touts points remarquable par son parti-pris justement de réussir à instaurer une peur sournoise, invisible et implacable jusqu'au dernier plan du film, d'une force inouïe !
Quel est l'origine du malaise dans "Long week-end" qui poursuit ce couple en crise ? vous ne tarderez pas a le savoir rapidement. Ces derniers sont donc parti s'isoler pour passer un moment important face a face, destiné à reconstruire leur relation parti en vrille depuis quelques temps.
Sauf que la nature tout autour d'eux, observe, guette le moindre faux pas de ses envahisseurs inopinés qui ne se rendent pas compte de leurs erreurs et de ce que la faune et la flore subissent jour apres jour a cause de citadins irrespectueux de leurs actes. Tout l'intérêt reposant ici, sur le fait que le couple ne connait pas l'origine exacte des phénomènes étranges qui se produisent avec insistance depuis qu'ils sont arrivés sur cette côte magnifique en bord de mer, ou ils viennent d'établir leur campement.
En somme, "Long week-end" est une parabole fataliste au suspense parfaitement agencé avec au final, un message terrifiant, destiné au sort de l'humanité, si elle ne fait plus attention à ce qui lui permet de vivre encore sur cette planète.
Immense film fantastique, pour lequel j'avais gardé ma vhs d'antan, de bonne qualité et que je ne pouvais que vous conseiller de voir ou revoir.
En espérant inlassablement année après année, un blu-ray digne de ce nom ( mais j'y crois de moins en moins) un jour prochain, en attendant que je récupere le dvd import ....
A oublier le triste remake de 2008, avec "Jim Caviezel", (loin d'être à la hauteur de l'original), qui lui, se plante complètement dans son interprétation des faits, en transformant l'original en quelque chose d'insignifiant, avec le degré zéro niveau suspense ainsi que sur le traitement des personnages mais aussi sur les évènements censés créer la tension palpable bien plus prégnante dans le film d'Eggleston.