Gaspar no way
If I were as pleased with myself as Gaspar seems to be, I would write my text entirely in english, even if I only talk to french people, …and I would put black cuts between each line, so everyone...
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le 23 juil. 2015
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Gaspar Noé is back ! 6 ans après Enter the Void, le cinéaste concrétise enfin son "mélodrame pornographique" (selon ses dires), projet qu'il porte depuis une quinzaine d'années et qui avait été avorté pour faire naître Irréversible, Cassel et Belluci refusant un film à tendance trop sexuelle. Qu'en est-il de ce fantasme de film ?
Love commence. Il y a le deuil, un passé douloureux. Murphy, jeune père et fiancé nonchalant à la gueule de bois, se réveille un matin pluvieux et fait les 100 pas, inquiet de la disparition d'une certaine Electra. Puis progressivement, on remonte l'histoire à force de souvenirs. Le passé à conséquences cruelles est une thématique récurrente chez Noé, du moins pour ses deux derniers films. Cette narration inversée peut également faire penser à Irréversible, mais là où ce dernier est assez continu, Love transgresse le temps à l'aide d'un montage judicieux, parvenant même à jouer d'une ironie dramatique intéressante.
Le seul problème de ce montage (et le plus gros du film), c'est sa longueur. 2h15 là où 1h30 aurait parfaitement suffit, si Noé n'avait pas abusé de ses péchés mignons provocateurs et à tirer sur la corde. La fin est vraiment, vraiment trop longue, et deux ou trois scènes de sexe étaient largement dispensables.
Les scènes de sexe (qui forment quand même le sujet du film) sont sublimes. Esthétisées au possible avec un formidable sens du cadre, elles sont habillées d'une soundtrack EXCEPTIONNELLE et d'une photo signée Benoit Debie, et transpirent l'amour et la fusion des corps. La plus belle reste selon moi le plan à trois (celle entamée par le teaser), qui atteint une formidable poésie à l'aide de la musique de Funkadelic. Un mec, deux filles, un lit et de l'amour. Ça aurait pu être le pitch du film.... Ce qui peut d'ailleurs être un problème, tant ces personnages ont peu de substance. Ce sont des êtres au service de l'amour et du sexe, et une communication d'émotion et de sentiments avec le spectateur est extrêmement difficile.
En parlant de Benoit Debie, je voulais dire à quel point je vénère ce mec. Déjà auteur de l'image de l'excellent Lost River, c'est pour moi le meilleur directeur photo au monde avec Lubezki. Et ce n'est pas la 3D, excellent également, qui galvaudera son talent. Love est certainement la meilleure expérience en relief que j'ai vécue à ce jour. Et bordel, ENFIN une 3D qui sert à quelque chose. Il y a plusieurs bonnes trouvailles, et Noé utilise à 100% l'espace afin de traduire l'état de ses personnages. Et ce plan d'éjac... Euh... Non je vais éviter d'en parler, celui-là.
Je voulais terminer cette critique en évoquant la demande de Fleur Pellerin, ministre de la Culture, à interdire ce film aux moins de 18 ans, et donc de rendre quasi inaccessible son visionnage. Il s'est passé la même connerie en 2008 avec l'excellent Martyrs. Je suis bien conscient que Love n'est pas le film du dimanche soir à regarder en famille dans le canapé. Je suis bien conscient aussi que beaucoup de personnes se retrouveront choquées face à ses images, et j'ai absolument rien contre ça. C'est d'ailleurs pour cela que le -16 est judicieux. Seulement, une personne allant sur Internet pour visionner un porno, c'est son choix. Mon problème est le suivant : ce choix existe-t-il pour un gamin de 4 ans qui, devant une presse, tombe face à des couvertures de mag porno ? Peut-on encore interdire l'accès à l'art ? Apparemment. J'ai payé ma place de cinéma pour Love, un film que j'attends depuis des mois, et je l'ai fait consciemment. Je crois que c'est encore ce qui nous rend humain.
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le 16 juil. 2015
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