Après plusieurs coups majeurs dans la comédie romantique, difficile de ne pas considérer la touche britannique comme ce qui se fait de mieux en la matière. Love Actually, que je viens de voir pour la première fois suite à une liste SensCritique de bon goût, ne fait que confirmer ce postulat de base et a de fortes chances de figurer désormais dans ma playlist auréolée de boules, guirlandes et chants mielleux sur fond de chocolat chaud.
Parlons-en de mièvrerie justement. Si vous êtes hermétique aux bons sentiments qui dégoulinent par tous les pores de la peau, Love Actually ne vous guérira pas de votre aversion et, à la rigueur, tant pis pour vous. En revanche, si vous savez vous déconnecter de la réalité trente secondes et apprécier des plaisirs simples, le cadeau n'en sera que plus agréable à déballer. C'est notamment grâce au casting, sur lequel je reviendrai, de ce film choral par excellence.
Huit histoires d'amour s'entrecroisent durant la période des fêtes et se découvrent à nous tel un calendrier de l'avent. Rien de plus banal en somme, même si tous les aspects sont évoqués : l'amour fusionnel, la passion cachée, le désir refoulé, l'infidélité, les questionnements quant au futur ou bien encore les aléas de la vie qui font que l'on s'interdit d'être heureux. Bien que Londres ne soit pas la ville des amoureux comme peut l'être notre capitale, les rues offrent un écrin presque royal, majestueux.
Richard Curtis assoit son talent de conteur d'histoire et sa filmographie parle pour lui. Il doit être également sa réputation à sa capacité à s'entourer de gens de qualité. Hugh Grant en premier ministre, c'est d'une telle évidence, Alan Rickman en personnage cynique, aussi, Emma Thompson transpire le naturel, Bill Nighy en rock star insolente apporte la touche d'humour complètement décalée aux côtés de la truculente apparition de Rowan Atkinson. Le charme de Keira Keighley et Martine McCutcheon, les présences charismatiques de Liam Neeson ou Colin Firth complètent un tableau de Noël où il est difficile de mettre quelqu'un plus en avant qu'un autre. Ceci dit, petit pouce en l'air pour le jeune Thomas Brodie-Sangster touchant de naïveté et de détermination.
La bande-son huile l'ensemble comme un train au pied du sapin quand ce ne sont pas les thèmes composés par Craig Armstrong, et c'est ainsi que l'on se laisse forcément happer par ce qui se rapproche de l'homme à la barbe blanche.
Love Actually, même dix ans après, demeure donc une oeuvre dans l'air du temps et s'octroie une place de choix dans mes coups de coeur surprise. On peut peut-être lui reprocher une débauche de bons sentiments à chaque plan, mais pourquoi bouder son plaisir de passer un bon moment à oublier les tracas du quotidien ? Moi, je ne m'en prive pas. Le choix est désormais vôtre.