Un Sautet méconnu, pourtant intéressant, mais trop long et moins abouti que ses plus grandes réussites.
En effet, "Mado" est un film assez bancal, à l'image de son titre, désignant un personnage qui apparaît presque secondaire dans le récit, celui de la prostituée interprétée par la jeune italienne Ottavia Piccolo.
En même temps, il s'agit une nouvelle fois d'un portrait de groupe, presque une esquisse de la société toute entière, autour du véritable "héros" Michel Piccoli, entrepreneur aux prises avec un escroc en col blanc (Julien Guiomar) dans la France giscardienne, confrontée depuis peu à la crise économique.
On a justement un peu de mal à croire au grand mélange des générations et des classes sociales mis en image par Claude Sautet : tout le monde se connaît et se retrouve au bistrot, le procédé apparaît quelque peu artificiel.
De même, la construction narrative de "Mado" déconcerte, lors de l'étrange irruption de Romy Schneider, dans la peau d'un personnage énigmatique prénommé Hélène, qui évoque forcément celui des "Choses de la vie" - comme si l'accident n'avait pas eu lieu...
Reste un instantané fidèle d'une époque révolue, émaillé de personnages savoureux et de scènes de groupe toujours primordiales dans le cinéma de Claude Sautet, avec en point d'orgue cette virée à la campagne qui s'achève dans la boue, avec une petite fête nocturne improvisée au milieu d'un chantier, sous une pluie torrentielle...