Etrange film que ce faux biopic de l'actrice Joan Crawford , vue au travers du regard blessé et revanchard de sa fille adoptive.
Actrice au sommet de sa gloire, Crawford ne pouvait pas avoir d'enfant et désirait être mère "à tous prix". Elle adopta donc (et cela couta cher à son compagnon d'alors) une fille puis un garçon. Formée elle même "à la dure" , cette self-made woman que l'on voit s'imposer une discipline de fer pour garder la forme ( joggings forcenés, natation, bains de glace et autres contraintes acceptées) se révèle être une mère autoritaire, dure, excessive et davantage "dresseuse" de fauves que tendre maman. C'est en tous cas ce que donnent à voir les anecdotes, tirées du livre que Cristina Crawford écrivit sur sa mère après la mort de cette dernière, alors qu'immensément riche, elle ne légua pas un sou à ses enfants.....Ce portrait monstrueux et effrayant est-il donc une vengeance, un règlement de comptes post-mortem ou contient-il une part de vérité. Certainement un peu des deux.
On ne peut s'empêcher de voir dans ces excès de folie narcissique qui secouent l'actrice, ces violences appliquées tant à elle même qu'aux autres, le reflet de la violence qu'imposait le Star System à ses "étoiles", lesquelles étaient renvoyées des studios lorsqu'elles ne rapportaient plus assez d'argent. Temple des abus de pouvoir, de la compétition et du faux-semblant, Hollywood consacrait des monstres sacrés à l'écran qui pouvait devenir des loques ou des monstres tout court dans la vie. Quoi qu'il en soit, la performance de Faye Dunaway est immense. On n'oublie pas de si tot, sa rage destructrice contre les rosiers lorsque Meyer la chasse de son studio, ni la crise cataclysmique provoquée par un cintre métallique dans la penderie de sa fillette. L'enfant qui joue sa fille est d'ailleurs fabuleuse avec son regard fixe chargé de défi, d'admiration ,de haine et d'amour infinis.
Parfois insoutenable dans cette relation toxique et destructrice, ce film est puissant et impressionnant.