Meurtre dans un jardin anglais (The Draughtsman's Contract) est une œuvre d’esthète britannique écrit et réalisé par Peter Greenaway qui met en scéne sur une superbe photographie de Curtis Clark (dont c'est le premier film) et une excellente musique composé par Michael Nyman (compositeur de musique classique dont c'est aussi son premier film) le cinéaste met en scéne Mr. Neville (joué par le très bon Anthony Higgins vu précédemment dans Les Aventuriers de l'arche perdue), un paysagiste réputé, qui est chargé par Mme Herbert (jouée par Janet Suzman vue précédemment dans Nijinski d'Herbert Ross) d'effectuer douze dessins du domaine de son mari Mr Herbert (joué par David Gant) en échange de certaines faveurs... avant de comprendra trop tard qu'il a été utilisé pour servir un tout autre but... Second long métrage (aprés The Falls.. un film expérimental, sous forme de faux documentaire) d'un cinéaste plasticien et artiste visuel Peter Greenaway qui tisse artistiquement une trame emberlificotée comme un roman d'Agatha Christie, ou les douze dessins n'ont aucun intérêt par eux-mêmes si ce n'est de convaincre le peintre qu'il peut maitriser un complot dont il ne verra rien jusqu'au dernier moment... Sur mise en scène en cinq actes de Meurtre dans un jardin anglais est exemplaire de vacuité. Il y a d'abord la signature du contrat. Neville se croit en position de force et obtient de Mr Noyes l'établissement d'un contrat qui, outre la rémunération de ses douze dessins, lui accorde de jouir comme il l'entend d'une heure par jour de Mrs Herbert. Le second acte est constitué de l'exécution des six premiers dessins dans lesquels il finit par intégrer un élément étrange : chemise, botte, échelle. A la fin de l'acte, on apprend le décès de Mr Talmann (joué par Hugh Fraser.. un très acteur Britannique qu'on reverra dans la série Hercule Poirot, aux côtés David Suchet)... Le troisième acte est constitué de l'exécution des six dessins suivants où c'est Mrs Talmann (jouée par Anne-Louise Lambert... très belle actrice vu précédemment dans le superbe Pique-nique à Hanging Rock de Peter Weir ou elle était Miranda, l'une des disparues) qui exige par contrat et pour protéger Mr Neville qui pourrait être la victime d'un complot de jouir de ses faveurs... Le quatrième acte semble marquer l'affolement des personnages pour se débarrasser du contrat et des dessins et le cinquième acte se conclut sur le retour et la mort de Neville. Mrs Herbert, loin d'être une victime, a donc piégé le dessinateur pour obtenir enfin l'enfant qui lui permet, selon la loi nouvelle établie, en 1694 d'hériter de son mari. Mrs Talmann en a profité pour avoir un héritier alors que son mari est impuissant.... Enfin bref, Il existe incontestablement un style Greenaway fait d'images chocs, esthétisantes et cultivées qui sont comme autant de petits cailloux semés dans une narration en forme de puzzle, emballée dans une sexualité décomplexée et la musique séduisante et répétitive de Michael Nyman.... Et pour moi le cinéaste signe son plus beau film avec ce long métrage.