Je ne me suis pas encore remis de mon visionnage d'hier soir. Attiré par les notes positives de ce film à l'affiche intrigante, je me suis lancé sans a priori particulier, après avoir seulement lu le synopsis d'une ligne. Un manque cruel de préparation que j'ai vite regretté tant le visionnage s'est avéré difficile.
Une nouvelle fois, je vais spoiler, aussi mes remarques n'ont d'intérêt que si l'on a soi-même vu le film :-)
Finalement, c'est comme si ce film avait voulu m'ouvrir les yeux une fois pour toutes sur l'horreur et les dégâts à long terme
de la pédophilie.
Je pensais pourtant me douter des traumatismes que cela pouvait causer, de la violence subie, etc. Que nenni. C'est comme si le réalisateur voulait me dire que j'avais toujours tout sous estimé.
Avais-je vraiment besoin d'y voir plus clair ? Allez savoir. Quoiqu'il en soit c'était déstabilisant, choquant voire quasiment traumatisant.
Une chose tout de même sur le personnage de Niel.
Naturellement, c'est
une victime, et sa vie de jeune adulte n'est que la résultante de son traumatisme.
Pourtant je ne peux m'empêcher d'être GLACÉ par son rôle
d'appât révélé notamment à la fin du film, mettant ainsi le petit Brian en confiance en l'entraînant vers une scène abjecte et cauchemardesque de plusieurs heures dont il ne se remettra pas.
Bien sûr, je comprends que Niel s'était endurci depuis tout petit. Jeune garçon manquant d'amour (mère peu présente et père absent) il a vite appris à se débrouiller seul et ne compter que sur lui-même. La rencontre funeste avec ce coach lui aura fait croire, le temps d'un été et malgré les actes subis, qu'il était digne d'amour et qu'il comptait réellement pour quelqu'un.
Ce qui me glace, c'est la complaisance presque diabolique que j'ai cru percevoir chez ce petit garçon, non seulement au moment d'Halloween quand il s'en prend à un jeune garçon à moitié débile (et donc sans défense), mais surtout quand il entraîne Brian chez le coach.
J'ai beau me dire que cette réaction chez Niel fait simplement suite à son agression - il recrée ce qu'il a lui-même vécu, fait souffrir autant qu'il a souffert, ce qui explique voire excuse son acte, ces images me hantent encore. Aussi l'affiche du film est particulièrement bien choisie et retranscrit parfaitement mon malaise.
Je ne pense pas revoir Mysterious Skin un jour, je n'ai pas passé un bon moment (euphémisme) mais je me dois de souligner la justesse de la réalisation, du scénario et du jeu des acteurs sur un thème aussi délicat. Pas de morale, pas de bons sentiments, simplement l'horreur et ses conséquences/ravages à moyen-long terme.