Mysterious skin ou l'absence de morale.
Sujet terriblement pesant et difficile à traiter. Il nous apparait qu'Araki decide de ne pas le traiter. Les faits si lourds et difficiles a digérer de la pédophilie, sont présentés dans la plus grande simplicité et légèreté, déconcertement.
L'absence de jugement, l'absence d'une quelconque morale fabuleuse, laisse la place à l'emotion ou meme, l'absence d'emotion. Il semble que c'est probablement la plus belle des manières de presenter cette histoire pourtant si banale, commune, mais autour de laquelle il n'existe souvent que le silence.
L'absence de sens donné à l'histoire, n'est que l'absence de sens de ce qu'ont vécu les deux enfants.
Le trauma. La seule experience a laquelle il n'existe que le silence comme réponse.
Le hero n'ayant "qu'un trou noir à la place du coeur" ; ici Araki ne parle pas du beau méchant banal de nombreuses autres histoires d'adolescents lambda, la reference est claire ; le corps humain, ses orifices, la sexualité sous-entendu par l'expression "trou noir" ne nous suggère pas que le héros n'a pas de coeur mais que sa manière de vivre l'amour, les sentiments, l'attachement, ne passe que par le rapport à l'orifice, comme le lui a bien appris "coach", et c'est là qu'en est toute la violence et l'efficacité de la construction du personnage.
On trouve aussi un espace pour l'expression des emotions du spectateur quant aux multiples possibilités d'analyses du film tant au manque de positionnement de l'auteur de celui ci.
Beaucoup d'autres choses seraient à dire, mais je crois que l'oeuvre, si puissante, mérite le silence de respect ou celui du trauma.
Belle claque.