Dieu que Jimenez est un piètre réalisateur, beaucoup de bruit et de fureur pour finalement rien du tout. Avec sa volonté de toujours être dans l'action, de ne jamais se poser et donc fatalement de ne jamais instaurer la moindre tension, il livre un film qui n'a même pas le défaut d'être chiant : c'est juste insignifiant. Aucun personnage n'a la moindre personnalité, on ne comprend jamais réellement ce qu'ils font, quelle est leur place, comment fonctionne une brigade anti-terroriste, c'est juste des trucs qui s'agitent on sait pas trop pourquoi, on sait pas trop vers où, mais ils le font en gueulant...
D'ailleurs dans Bac Nord avec sa seconde partie qui sombrait dans le nanar avec un Gilles Lellouche totalement aux fraises à se la jouer Robert De Niro, on pouvait supposer que le pauvre Gilles, qui n'a jamais su jouer, nous servait sa soupe habituelle. Mais en fait c'est bien plus simple que ça, Jimenez est un piètre directeur d'acteur. C'est bien simple : ici tout le monde joue avec les pieds (Renier s'en sort un peu mieux que les autres, sans doute car il n'a quasiment rien à dire). Mais le pire c'est sans doute Dujardin qui sort ses répliques (totalement débiles) comme il le ferait dans OSS 117. Il joue un vieux mec, un peu condescendant avec Demoustier et il lui sort des phrases comme : C'est la loi (manque plus que "du Général de Gaulle") ou bien "Vous pouvez aussi vous dire que vous avez fait du bon travail", alors que le personnage en face est en pleurs... Autant vous dire que j'ai éclaté de rire dans ce qui devait être le climax dramatique du film. C'est juste con. Je ne peux pas prendre Dujardin au sérieux avec ses petites phrases creuses dites avec un sérieux qui confine à la bêtise.
Je suis désolé, mais Novembre est nanardesque.
Et je ne parle même pas de sa scène d'action finale qui est bordélique au possible et de n'être pas fondamentalement palpitante puisqu'encore une fois Jimenez n'a pas pris le temps de fixer les enjeux et de faire naître de la tension. Chose amusante on voit un plan de quelques secondes à peine sur des hauts placés qui retiennent leur souffle dans des bureaux pendant que l'opération a lieu et je suis persuadé que juste rester sur eux qui attendent sans oser rien dire, avec les informations données de manière sporadiques au téléphone, aurait été bien plus intense que ce déluge de pan pan totalement vain.
En fait j'ai l'impression que Jimenez se prend pour Paul Greengrass à vouloir transformer des faits réels en film d'action qui ne se pose jamais... Sauf que Greengrass sait faire monter la tension et surtout il sait donner une humanité à ses personnages, ce qui fait qu'on a envie qu'ils s'en sortent. Vol 93 c'est profondément tragique et pourtant il arrive à capter quelques moments de beauté. Jimenez que dalle. Il s'en fout. Il veut juste pas qu'on s'ennuie.
Objectif louable, mais ça ne sera pas suffisant.